Passibat’ s’élargit au bâtiment bioclimatique et à la sobriété énergétique
Baptisé cette année "Festival Passibat’", le congrès de La Maison du Passif s’est tenu cette année à la Cité fertile de Pantin (Seine-Saint-Denis) sur le thème "Le passif au service des territoires". Ce nouveau format, plus convivial, a permis de célébrer les 19 ans de la création de La Maison du Passif et de rappeler que le premier bâtiment passif a été certifié en France en 2009. Il s’agissait d’une maison passive, conçue par le cabinet Karawitz Architecture à Bessancourt (Val d'Oise) pour les deux fondateurs du cabinet : Milena Karanesheva et Mischa Witzmann.
Le festival a attiré environ 650 visiteurs qui ont pu assister à 11 conférences et présentations, découvrir les subtilités du passif dans une dizaine d’ateliers – allant de la terre crue à la ventilation double flux – et visiter la trentaine de stands d’exposants présents.
Mais d'abord, un bref rappel sur le standard Passivhaus. Il a été créé par les professeurs Bo Adamson et Wolfgang Feist en 1988. Il ne concernait initialement que les logements neufs. Ses exigences étaient :
- une consommation totale d’énergie inférieure ou égale à 120 kWh/m².an,
- une consommation de chauffage ≤ 15 kWh/m².an, ou bien une puissance du système de chauffage ≤ 10 W/m²,
- une étanchéité à l’air avec des pertes ≤ 0,6 volume/heure selon la méthode ŋ50, vérifiée par un test de mise en pression BlowerDoor à la fin du chantier.
Attention car les kWh, les m² et l’étanchéité à l’air sont ici différents de ceux de la RE2020.
Il a également évolué à travers le monde et tient compte désormais de différents climats, notamment le climat chaud et humide des pays d’Asie. Ce qui a conduit à l’ajout d’un critère de consommation maximale pour le rafraîchissement et la déshumidification. Puis, pour tenir compte d’une production locale d’énergie, sont apparus trois niveaux : Passivhaus Classique, Plus et Premium. Le niveau Plus requiert une production d’énergie sur site de 60 kWh/m².an, tandis que le niveau Premium demande une production de 120kWh/m².an. Dans ce cas, les m² correspondent à l’emprise au sol du bâtiment.
Fin 2015, l’approche du passif a été étendue aux bâtiments existants avec le label EnerPHit qui offre trois niveaux : Classique, Plus et Premium. EnerPHit limite le besoin de chauffage annuel à 25 kWh/m².an, avec une variation géographique : seulement 20 kWh/m².an à Montpellier, par exemple. La consommation d’énergie primaire totale est limitée à 120 kWh/m².an, augmentée d’un facteur "X", soit une majoration qui tient compte des besoins de chauffage et de rafraîchissement supplémentaires.
Déjà 25 ans de standard Passivhaus
Les consommations d’énergie sont réduites, ce qui engendre de très faibles coûts. Par exemple, une maison passive livrée à Gosné, près de Rennes (Ille-et-Vilaine), en décembre 2012, a consommé seulement 29.333 kWh d’électricité, tous usages confondus, à l’exception de la cuisine équipée de propane en bouteilles. Cette consommation se traduit par une facture TTC d’électricité de 5.587 € en 10 ans.
Bioclimatisme, sobriété et ENR

Le standard passif requiert des fenêtres très performantes. La base de données des produits certifiés contient plus de 450 équipements, dont celles du fabricant français Minco, spécialiste de la fenêtre hybride : bois + aluminium. © Pascal Poggi pour XPair

Misapor se présente comme le granulat de verre cellulaire pour l’isolation thermique des parois enterrées, l’isolation sous fondation radier ou sous dalle. Il est recyclable à l’infini et ses propriétés isolantes restent constantes. © Pascal Poggi pour XPair

Evolsys exposait ses solutions de récupération de chaleur sur les eaux usées et grises, dans des versions adaptées aux maisons individuelles, aux logements collectifs et aux équipements collectifs, de la piscine à l’hôpital en passant par les campings. © Pascal Poggi pour XPair

© Pascal Poggi pour XPair

© Pascal Poggi pour XPair
Brink exposait à la fois ses centrales de ventilation double flux haut rendement certifiées Passivhaus et son tout nouveau caisson Air Cooler. Ce caisson est une unité de rafraîchissement adiabatique associée avec une ventilation mécanique double flux. Le caisson est monté sur le circuit d’extraction de l’air intérieur. Il abaisse la température de l’air extrait aux alentours de 18 °C, avant que cet air extrait ne parvienne à l’échangeur de la centrale double flux.
Dans cet échangeur, l’air neuf, s’il entre à 24 ou 26 °C en été, est refroidi avant d’être soufflé dans le logement entre 19 et 20 °C. Il s’agit d’un rafraîchissement indirect qui ne modifie pas l’humidité de l’air dans la maison. Le rendement est plus important si la température de l’air extérieur augmente et si suffisamment d’air intérieur vicié est extrait (idéalement 400 m3/h pour un fonctionnement optimum). Une humidité relative élevée dans l’habitation fait baisser la performance de l’appareil, car le rafraîchissement s’effectue selon le principe de l’évaporation.

Zehnder possède lui aussi toute une gamme de centrales double flux certifiées Passivhaus, destinées aux logements individuels, mais aussi des solutions donc le débit dépasse 600 m3/heure dans sa gamme Everkit et dans sa gamme de CTA Carma, dont le débit peut atteindre 4.000 m3/h. © Pascal Poggi pour XPair

© Pascal Poggi pour XPair
Swegon présentait sa gamme de caissons double flux Gold, équipés d’échangeurs de chaleur rotatifs et certifiés Passivhaus. Son caisson Gold RX a été la première unité commerciale à être certifiée par le Passivhaus Institut. Le programme de certification couvre la consommation d'énergie du caisson, la contamination croisée, la récupération d'énergie, les fuites d'air, le niveau sonore et le contrôle du flux d'air.
Le rendement d’échange de chaleur atteint 87 % contre les 75 % demandés par le Passivhaus. La réduction des fuites internes (la contamination croisée) atteint un maximum de 3 %. L'unité Gold est certifiée avec 0,45 % de fuites internes. La réduction de la consommation énergétique de l'unité est renforcée grâce à l'utilisation des moteurs ECM à entraînement direct et des algorithmes de contrôle uniques.

© Pascal Poggi pour XPair
Le canadien Aeroseal présentait son procédé Aerobarrier, une technologie pour étancher les fuites d’air de l’enveloppe du bâtiment ou des conduits de ventilation. Dans le cas des conduits, Aerobarrier assure un scellage précis en quelques heures seulement. La solution Aeroseal utilise un scellant atomisé qui suit l'air sous pression lorsqu'il s'échappe à travers les fuites dans les conduits, scellant les trous, comme la coagulation du sang. Ce procédé a été présenté aux Awards de l’Innovation du Paris Builders Show.

© Pascal Poggi pour XPair
Enfin, Le Bon Tuyau proposait sa solution d’abonnement à la géothermie et au solaire thermique, avec garantie de performance et de fiabilité pour les hôtels, EHPAD (établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes), bureaux et immeubles de logements collectifs.
L’idée est simple, Le Bon Tuyau réalise une étude de dimensionnement d’une installation combinant solaire thermique et géothermie pour assurer chauffage, rafraîchissement et production d’ECS, finance et met en œuvre l’installation, et assure sa maintenance en échange d’un contrat d’abonnement. Ce contrat d’abonnement est sans limite de durée, mais le client, qui n’a pas investi un centime, peut y mettre fin à tout moment, à un prix dégressif dans le temps.
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