"Opportunité majeure" ou "absence de réforme" : la filière partagée sur l'électrification

Par   Corentin PATRIGEON

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Publié le 16 octobre 2026
© iStock/StockSeller_ukr
Installation d'une unité extérieure de pompe à chaleur.
RÉACTIONS. La deuxième batterie de mesures censées électrifier davantage les bâtiments est diversement accueillie par les acteurs de l'énergie et de la transition écologique. Pour certains, il manque encore une composante essentielle à l'équation énergétique.

La pompe à chaleur a décidément de beaux jours devant elle. La batterie de mesures annoncée par la ministre de l'Énergie Maud Bregeon hier lors de la présentation de la 2e phase du plan d'électrification des usages consacre en effet de nouveaux moyens pour prescrire toujours plus de PAC, au détriment des chaudières au gaz et au fioul qui semblent bien condamnées.

Une stratégie gouvernementale diversement accueillie par les acteurs de l'énergie et de la transition écologique du bâtiment. Du côté du Groupe Intuis, par exemple, la satisfaction est au rendez-vous. "L'électrification du chauffage représente une opportunité majeure de réindustrialisation. La réussite de cette transformation ne se mesurera pas uniquement au nombre d'équipements installés, mais aussi à la capacité de la France à les concevoir et à les produire sur son territoire", a commenté pour l'occasion Philipe Dénecé, son directeur général.

Au sein de l’Alliance Énergie Climat, qui regroupe les associations Agir pour le climat et Avenirs énergétiques, ainsi qu'Observ’ER (Observatoire des énergies renouvelables), on salue certes le deuxième volet du plan d'électrification mais on estime "qu’il lui manque encore un levier essentiel : une réforme des prix de l’électricité reflétant la réalité des coûts de production, et permettant surtout à tous et toutes de bénéficier de l’abondance électrique".

Réformer les prix de l'électricité pour refléter les coûts de production

Si elle juge judicieux d'avoir intégré à la réflexion globale la problématique de la flexibilité, autrement dit la capacité du réseau électrique à ajuster la production et la consommation en temps réel, l'organisation regrette l'absence d'offres de prix et de tarifs fournissant "les bonnes incitations aux consommateurs pour décaler certains usages – recharge des véhicules électriques, machines diverses, modulation des chauffages et climatisations – en y gagnant sur leurs factures".

Elle préconise par conséquent, a minima, "de doubler le nombre des heures creuses au tarif réduit, et d'augmenter d’environ 20 % le prix de l’électricité durant deux plages d’heures pleines, le matin et le soir, pour préserver l’équilibre économique du système électrique". Dans le même registre, des heures "super-creuses" à un tarif "super-bas" contrebalanceraient un tarif "dissuasif" pendant les heures de pointe d'une vingtaine de jours l'hiver.

En outre, l’Alliance Énergie Climat suggère "d’élargir le TRVE (tarif réglementé de vente de l'électricité) aux petites et moyennes entreprises, et d’intégrer le 'chèque énergie' destiné aux ménages modestes aux factures d’électricité". Une proposition qui, d'après elle, a déjà reçu le soutien de l'association France Renouvelables, qui représente les acteurs des énergies renouvelables électriques et du stockage d'électricité.


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