Décret BACS : seuls 17 % des bâtiments tertiaires équipés en 2026

Par   Yousra GOUJA

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Publié le 15 octobre 2026
© Yousra Gouja pour XPair
Présentée sur IBS, la nouvelle édition de l’observatoire du Gimelec met en évidence les principaux freins au déploiement des BACS.
GTB. Malgré une progression dans tous les secteurs, le déploiement des systèmes d’automatisation et de contrôle des bâtiments reste limité en France. Présentée sur IBS, la nouvelle édition de l’observatoire du Gimelec met en évidence les principaux freins.

En 2026, seuls 17 % des bâtiments tertiaires français sont équipés de BACS (Building automation and control systems). Un taux encore modeste, malgré une progression dans l’ensemble des secteurs.

"La bonne nouvelle, c’est que les enjeux sont désormais compris. Mais il manque encore une impulsion pour passer à l’échelle", constate Guillaume Cayeux, président du groupe de travail flexibilité du Gimelec (Groupement des entreprises de la filière électronumérique française), qui porte l'Observatoire national du déploiement des BACS, dont la dernière édition a été présentée ce 14 octobre sur le salon IBS.

Les bureaux, les commerces et l’enseignement concentrent les deux tiers des bâtiments équipés. Les motivations diffèrent toutefois selon les activités : valorisation énergétique du patrimoine pour les bureaux, obligations liées aux infrastructures de recharge et au photovoltaïque pour les commerces, confort thermique pour l’enseignement. "Chaque secteur a ses propres motivations et ses freins. Il faut donc adapter les leviers à leurs spécificités", souligne Guillaume Cayeux.

Arbitrages budgétaires

L’étude 2026 s’intéresse davantage aux bâtiments de taille moyenne, où les obstacles financiers restent importants. "Les solutions technologiques existent, tout est prêt. Mais pour les petites structures, il manque encore le déclic économique", estime Philippe Rifaux, directeur général de la FFIE (Fédération française des intégrateurs électriciens).

Même constat chez les intégrateurs. "Beaucoup de projets sont dans les cartons, mais les arbitrages budgétaires ralentissent leur concrétisation", observe Jérôme Viollet, président de Meta 2E, un intégrateur de GTB. Le report de certaines échéances du décret BACS pourrait néanmoins permettre à la filière de mieux se préparer. "Ce report ne doit pas devenir une raison de ralentir. Il faut dépasser la seule logique réglementaire", insiste Philippe Rifaux.

Pour Madeline Corlouer, cheffe de projet performance énergétique des bâtiments existants à la DHUP (Direction de l'habitat, de l'urbanisme et des paysages), le décret BACS reste "un levier opérationnel pour réaliser des économies d’énergie", complémentaire au décret tertiaire.

Le Gimelec et ses partenaires travaillent à des méthodes et référentiels partagés, notamment autour de la conformité "Flex Ready".

© Yousra Gouja pour XPair

De la flexibilité et des référentiels communs pour accélérer

Au-delà des économies d’énergie, la flexibilité pourrait renforcer l'intérêt économique des BACS. "L’enjeu est de consommer au bon moment", résume Guillaume Cayeux, évoquant les perspectives offertes par l’électrification, le photovoltaïque et le stockage.

Jérôme Viollet cite deux retours d’expérience de flexibilité : un hypermarché où la flexibilité permet d’atteindre 85 % d’autoconsommation et un centre commercial générant jusqu’à 75.000 € de revenus annuels. Selon lui, les investissements peuvent être amortis en trois à quatre ans.

Reste à harmoniser les pratiques. Le Gimelec et ses partenaires travaillent à des méthodes et référentiels partagés, notamment autour de la conformité "Flex Ready". "Si les entreprises trouvent les démarches trop complexes, elles avancent lentement. Il faut donc une lecture commune", souligne Philippe Rifaux. Un enjeu également crucial pour l’exploitation des installations.

Nicolas Cahenzli, responsable efficacité énergétique au Serce (Syndicat des entreprises de la transition énergétique et numérique), rappelle qu'environ la moitié des installations présentaient des dérives selon les données évoquées l'an dernier. Commissionnement, rétrocommissionnement et transmission des compétences deviennent ainsi indispensables. "Les intégrateurs sont demandeurs de référentiels sur le terrain. Ils permettent aussi de convaincre les clients", conclut Jérôme Viollet.


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