Dans le Val-d'Oise, une matinée pour montrer que "le CVC s’écrit aussi au féminin"

Par   Yousra GOUJA

Actualités
Publié le 1 avril 2026
© Yousra Gouja pour XPair
Clarice Hetier, étudiante en BP Monteur et installateur en génie climatique et sanitaire, devant des machines de la salle pluri-énergie.
EN IMAGES. Le Centre de formation des apprentis en BTP d’Ermont a organisé une matinée consacrée à la place des femmes dans les métiers du bâtiment. Témoignages d’apprenties, échanges avec des professionnelles et exposition photographique étaient au programme pour encourager les vocations et dépasser les idées reçues.

Le 13 mars dernier, le Centre de formation des apprentis (CFA) en BTP d’Ermont, dans le Val-d'Oise, a organisé une matinée consacrée à la place des femmes dans les métiers du bâtiment. L'occasion d'encourager les vocations mais aussi de dépasser les idées reçues.

"On est là parce qu’on en a envie", affirme Clarice Hetier, étudiante en Brevet professionnel Monteur installateur en génie climatique et sanitaire. Son choix d’orientation s’inscrit dans une histoire familiale. "Mon père travaille dans ce domaine depuis toujours et mon frère aussi. Aujourd’hui, je travaille dans l’entreprise familiale", explique-t-elle. Attirée par le travail concret, elle apprécie particulièrement la dimension technique du métier.

Une table ronde pour dépasser les idées reçues sur le BTP au féminin. © Yousra Gouja pour XPair

"J’aime bien utiliser mes mains, faire quelque chose de visuel, qu’on voit, qu’on peut montrer ou même prendre en photo." Elle se spécialise aujourd’hui dans les installations de chauffage et de plomberie, avec une préférence pour certaines tâches techniques. "J’aime bien souder", confie-t-elle. Elle estime que les femmes doivent parfois faire preuve de caractère dans le secteur. "Il faut savoir faire sa place. On s’impose, on est là parce qu’on en a envie et on travaille au même niveau que les autres."

Des obstacles encore présents

Les échanges lors des tables rondes ont également permis d’évoquer les difficultés que peuvent rencontrer les femmes dans ces métiers. Certaines participantes ont souligné la question de la pénibilité physique, notamment le poids du matériel. "Porter 25 kilos, ça reste lourd. Mais parfois on n’ose pas le dire, par peur de passer pour une faible", rappelle une intervenante. Plusieurs participantes ont également pointé le manque de représentation féminine dans certaines entreprises.

Des portraits de femmes de la filière exposés à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes. © Yousra Gouja pour XPair

"Avant de faire de l’influence sur les réseaux sociaux pour promouvoir ces métiers, il faudrait déjà que les entreprises soient plus accueillantes pour les femmes", résume l’une d’elles. Pour Alain Sudrot, formateur en chauffage et plomberie au CFA, la question de la féminisation du secteur commence dès l’orientation scolaire. "L’Éducation nationale n’oriente pas assez les jeunes vers les CFA et les métiers du bâtiment", estime-t-il.

"Il faut savoir faire sa place. On s’impose, on est là parce qu’on en a envie et on travaille au même niveau que les autres."

- Clarice Hetier, étudiante en BP Monteur installateur en génie climatique et sanitaire

Dans certaines spécialités, la présence féminine reste très faible. "J’ai été artisan pendant vingt ans. Sur les chantiers, je n’ai vu qu’une seule femme", raconte-t-il. Selon lui, les femmes sont aujourd’hui plus nombreuses dans certaines filières comme la peinture ou la menuiserie, mais encore peu présentes dans les métiers techniques du génie climatique. Pourtant, il souligne que les compétences ne dépendent pas du genre. "Les femmes sont souvent très précises dans leur travail. Par exemple, elles peuvent être très performantes en soudure."

Une démonstration de Clarice Hetier aux visiteurs. © Yousra Gouja pour XPair

Changer le regard sur les métiers

Au-delà des témoignages, la matinée visait surtout à faire évoluer les représentations. Certaines intervenantes ont rappelé que beaucoup de jeunes ignorent encore ce que recouvrent réellement ces métiers. "On entend encore des remarques du type : une fille ne va pas toucher à la plomberie. Mais en réalité, les gens ne savent même pas en quoi consiste ce travail", a souligné une participante.

Pour encourager davantage de vocations féminines, plusieurs pistes ont été évoquées : intervenir dans les collèges, présenter les métiers plus tôt aux élèves et montrer des modèles féminins dans le secteur. Car pour les organisateurs comme pour les apprenties présentes, le message reste simple : les métiers du bâtiment sont ouverts à toutes.

Alain Sudrot, formateur en chauffage et plomberie au BTP CFA d'Ermont, raconte : "J’ai été artisan pendant vingt ans. Sur les chantiers, je n’ai vu qu’une seule femme." © Yousra Gouja pour XPair


Actualités

Sélection produits