Le guichet MaPrimeRénov' a rouvert après deux mois de suspension

Par   Corentin PATRIGEON

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Publié le 23 février 2026
© iStock/Bilanol
Des travaux d'isolation dans le cadre du chantier de rénovation énergétique d'une maison.
AIDES. Le dispositif d'aide à la rénovation énergétique est de nouveau accessible. Une partie des acteurs estime malgré tout que le compte n'y est toujours pas.

Après deux mois de fermeture, MaPrimeRénov' ouvre son rideau. Depuis ce 23 février à midi, le guichet du dispositif d'aide à la rénovation énergétique est de nouveau accessible pour l'ensemble des demandes, incluant MaPrimeAdapt' et Ma Prime Logement Décent. Pour rappel, le dispositif avait été suspendu début janvier faute, à l'époque, du vote de la loi de Finances.

L'État s'est depuis doté d'un budget pour l'année 2026, et celui de l'Agence nationale de l'habitat (Anah, qui pilote MaPrimeRénov') a été confirmé à 4,3 milliards d'euros. Celle-ci souligne d'ailleurs dans un communiqué qu'elle va s'atteler en priorité au traitement des dossiers en attente ainsi qu'à la sécurisation du parcours des ménages afin de "garantir la qualité des rénovations".

Sur ce dernier point, "un rendez-vous personnalisé avec un conseiller France Rénov' est désormais obligatoire avant le dépôt d'une demande d'aide" pour une rénovation d'ampleur. Cette formalité consiste en "un temps d'échange gratuit qui permet au ménage de présenter son projet, de vérifier son éligibilité aux aides et d'être orienté vers les acteurs de qualité du territoire", type Accompagnateur rénov' ou artisan RGE (Reconnu garant de l'environnement). Une attestation de rendez-vous est ensuite jointe au dossier de demande d'aide.

350.000 logements à rénover en 2026

Avec cette réouverture attendue tant des particuliers que des professionnels, l'Anah espère faire aussi bien, voire mieux que ses objectifs fixés pour 2025.

"Le volume des rénovations de l'habitat privé a atteint en 2025 un niveau d'activité inédit : 4,39 milliards d'euros d'aides distribuées (+16 %) qui ont permis la rénovation de 379.428 logements, dont 120.305 rénovations énergétiques d'ampleur et 36.740 logements adaptés à la perte d'autonomie ; 272 millions d'euros engagés en faveur des copropriétés en difficulté et 276 millions en faveur du traitement de l'habitat indigne et dégradé", détaille l'agence, assurant que "plus de 3 millions de ménages" ont bénéficié de ses aides depuis 2020.

Pour 2026, elle vise la rénovation de 350.000 logements, en finançant notamment 150.000 travaux isolés (comme un changement de chaudière) ainsi que 120.000 rénovations globales, plus précisément 68.000 en copropriété et 52.000 en individuel.

Éviter "l'électrification à tout prix"

Une ambition loin du compte, selon le Réseau Cler, qui estime que "les plafonds revus à la baisse pour l'ensemble des particuliers, y compris les plus modestes, ne permettront pas de relancer la dynamique". L'association engagée dans la transition énergétique constate par ailleurs que "l'installation d'une pompe à chaleur dans des passoires thermiques est toujours possible et éligible aux aides sans rénovation globale, ce qui ne permet pas de lutter efficacement contre la précarité énergétique".

Elle demande par conséquent le rehaussement des niveaux d'aides en ciblant d'abord les ménages précaires. "Le Gouvernement ne peut faire le seul choix de l'électrification à tout prix", prévient Isabelle Gasquet, porte-parole du Réseau Cler sur la rénovation énergétique. "Derrière l'étiquette énergétique d'un logement se cache des inégalités sociales auxquelles la rénovation énergétique globale soutenue par des aides MaPrimeRénov' conséquentes peut répondre."


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