La nouvelle menace d'une baisse du Fonds chaleur fait bondir la filière ENR
Avec les tractations autour de la loi de Finances 2027, voilà que reparaît le spectre d'une baisse du Fonds chaleur. Ce dispositif piloté par l'ADEME pourrait en effet se trouver impacté par une éventuelle réduction du budget de l'Agence de la transition écologique. De quoi réveiller de vieilles inquiétudes chez les organisations professionnelles de la filière des énergies renouvelables.
"Les besoins de chaleur, qui représentent plus de 40 % de la consommation d'énergie en France, sont encore majoritairement couverts par des énergies fossiles importées (gaz, fioul, charbon). Le Fonds chaleur est l'un des dispositifs publics les plus efficaces pour réduire efficacement et durablement cette dépendance", arguent-elles dans un communiqué commun.
Ajoutant : "En soutenant les réseaux de chaleur et de froid, la géothermie, la biomasse, le solaire thermique ou encore la récupération de chaleur, il permet de mobiliser des ressources souveraines, décarbonées et mobilisables partout sur le territoire métropolitain et dans les outre-mer".
Les signataires se composent de l'AFPG (Association française des professionnels de la géothermie), Amorce (une association de collectivités engagées dans la transition énergétique), le CIBE (Comité interprofessionnel du bois-énergie), Enerplan (le syndicat des professionnels de l'énergie solaire), la FEDENE (Fédération des services énergie et environnement), le SER (Syndicat des énergies renouvelables) et Via Sèva (une association promouvant les réseaux de chaleur et de froid).
Sanctuariser "a minima" l'enveloppe
Autant d'acteurs qui mettent en avant les 11.000 nouvelles installations que le Fonds chaleur a permis de financer depuis 2009, et dont le recours aux énergies renouvelables et de récupération aurait permis de remplacer 52,5 TWh de gaz fossile en 2025. Soit l'équivalent de la consommation de chaleur d'environ 5 millions de logements, et un ratio de 11 € d'aide publique pour chaque mégawattheure de gaz substitué.
La filière ENR demande donc à l'exécutif de sanctuariser "a minima" l'enveloppe du dispositif pour 2027, comme il avait consenti à le faire pour 2026. "Il y a tout juste un an, pour poursuivre le déploiement de la chaleur renouvelable, l'État avait conforté le Fonds chaleur avec un budget de 800 millions d'euros", rappellent-ils.
Avant de mettre en garde : "Alors que le portefeuille de projets cumule déjà un montant de demandes d'aide atteignant plus du double de ce budget, réduire en 2027 les crédits du Fonds chaleur reviendrait à renoncer à de nombreux projets prêts à être réalisés dans les territoires, et par voie de conséquence aux objectifs de la PPE (Programmation pluriannuelle de l'énergie) récemment publiée".
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