Industrie : comment SFPI Groupe s'est fait une place dans le CVC
Il est des acteurs majeurs qui brillent par leur discrétion.
Malgré une baisse d'activité en 2024-2025 due à la chute de la construction neuve et aux difficultés de la rénovation, SFPI Groupe a enregistré un chiffre d'affaires de 625 millions d'euros l'année dernière (répartis entre 443 M€ pour la sécurisation et le confort des bâtiments, et 182 M€ pour le dépoussiérage et la maîtrise des énergies), dont 21,6 M€ de résultat opérationnel courant.
Ces quatre marques institutionnelles – SFPI Home (menuiseries, stores, fermetures pour le résidentiel et le tertiaire), SFPI Access (matériels et systèmes de verrouillage et de contrôle d'accès), SFPI Air (traitement de l'air en milieux industriels) et SFPI Heat (matériels et systèmes d'échanges thermiques et de stérilisation) – emploient
"Le groupe n'est qu'une succession d'acquisitions ciblées de sociétés complémentaires et d'opérations de croissance externe", présente Sophie Morel, secrétaire générale et directrice de l'unité commerciale génie climatique de SFPI. Celle qui est aussi la fille du fondateur et président-directeur général, Henri Morel, rappelle que le groupe est coté, avec un capital majoritairement (61 %) détenu par la famille fondatrice.
L'activité qualité de l'air "ne cesse de se renouveler"
En matière de CVC, l'entité SFPI Heat propose deux gammes de produits : les stérilisateurs, avec Steriflow, et les solutions d'échanges thermiques pour l'industrie. "Barriquand fabrique des échangeurs thermiques à plaques soudées ou tubulaires, destinées à des industries de processus avec contraintes fortes (gaz…), tandis que Cipriani est spécialisé dans les échangeurs thermiques à plaques jointées pour des produits plus classiques (air, eau…)", détaille Sophie Morel. Quelque 282 salariés travaillent au sein des quatre sites de production – deux en France et deux en Italie –, générant un CA de 60,3 M€.
"Notre diversité est un facteur de solidité qui nous permet de ne pas mettre tous nos œufs dans le même panier."
- Sophie Morel, secrétaire générale et directrice de l'unité commerciale génie climatique de SFPI
Du côté de SFPI Air, sont proposés des systèmes de dépoussiérage, de filtration et de conditionnement de l'air pour l'industrie, principalement via la marque Neu-JKF. "Dans ce domaine, il y a une norme de plus en plus lourde autour des polluants et de la qualité de l'air, donc cette activité ne cesse de se renouveler", note Sophie Morel. Six usines – à La Chapelle d'Armentières (Nord), au Danemark, en Pologne et en Malaisie – emploient 672 personnes pour un CA de 121,8 M€, dont plus de la moitié est réalisé hors de France.
"Une boussole stratégique" pour guider la transition écologique
En attendant, le Groupe SFPI veut se présenter comme un "acteur industriel responsable". Cette responsabilité se traduirait concrètement au niveau commercial (en diffusant une "culture client"), au niveau managérial (en sachant "dire quand ça va bien et quand ça va mal, mais surtout quand ça va bien"), au niveau environnemental (en faisant de la transition écologique "un levier de compétitivité") et financier (en fiabilisant les rapports d'activité et en poussant des cadres de référence communs).
L'entreprise, qui indique avoir un bilan carbone de 278.000 tonnes équivalent CO2 (en baisse de 19 % depuis 2023), assure avoir traité les 6 % de ses émissions de gaz à effet de serre liées à sa consommation énergétique via "des gestes symboliques faciles à mettre en œuvre", comme l'installation de panneaux solaires ou d'ampoules LED. "Les 94 % restants font partie du Scop 3, et concernent l'amont comme l'aval : les matières premières, le transport, les déplacements professionnels… On intègre par exemple davantage de produits recyclés", explicite Sophie Morel.
La direction de SFPI a aussi institué "une boussole stratégique" : "Quand on a un projet de remplacement de machine par exemple, on a identifié une quinzaine de critères à considérer pour une solution alternative : rétrofit, occasion… Le but étant de se demander ce qui va avoir le meilleur impact pour l'environnement, pour les équipes, pour les finances du groupe et pour l'activité des clients."
Pour 2026, le Groupe SFPI a investi 15 M€ dans son outil industriel européen, une somme en légère baisse par rapport aux deux années précédentes où un vaste plan de rénovation avait été lancé. En termes de développement de l'activité, la direction reste à l'écoute. "Nous mettons beaucoup de lignes à l'eau et nous regardons là où ça mord", relève la responsable. "Nous ne cherchons pas de nouvelles capacités car le marché du bâtiment est saturé et nos usines actuelles tournent déjà bien. Notre diversité est un facteur de solidité qui nous permet de ne pas mettre tous nos œufs dans le même panier."
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