Inconfort d'été : pourquoi le pilotage connecté peut aider le logement collectif à s'adapter

Par   Corentin PATRIGEON

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Publié le 5 novembre 2026
© iStock/Pixavril
Un particulier règle le thermostat de son logement depuis son smartphone.
ANALYSE. Une étude réalisée par le CSTB pour le compte d'Ignes détaille la baisse des consommations qu'un gestionnaire d'énergie peut permettre en appartement, et l'aide qu'il peut également représenter pour résister aux vagues de chaleur.

Le pilotage connecté serait-il la clé pour baisser sa facture d'énergie, mais aussi pour mieux résister aux vagues de chaleur ? C'est le constat dressé par le CSTB (Centre scientifique et technique du bâtiment) dans une étude réalisée pour le compte d'Ignes (l'Alliance des industriels des solutions électriques et numériques pour le bâtiment), dévoilée en ce début novembre. Un premier volet de cette analyse avait déjà été publié en octobre 2025, en se focalisant alors sur les gestionnaires d'énergie en maison individuelle.

Un an plus tard, le champ de l'enquête s'est élargi au pilotage connecté du CVC et des protections solaires en résidentiel collectif. Concrètement, 250 simulations numériques ont été réalisées pour évaluer l'impact annuel d'un système global de pilotage connecté dans un appartement sur la consommation d'énergie de six usages : chauffage, climatisation, ECS, éclairage, ventilation et auxiliaires. Les auteurs ont aussi pris en compte le confort thermique d'hiver et d'été ainsi que les émissions de gaz à effet de serre.

"L'étude compare ce pilotage à deux situations sans pilotage global connecté : une configuration 'Base', avec une régulation du chauffage peu avancée, et une configuration 'Base +', déjà équipée d'un thermostat programmable et d'une régulation plus performante", précisent-ils. De plus, "l’étude combine trois zones climatiques (H1a, H2b et H3), trois positions dans l’immeuble, plusieurs orientations, quatre périodes de construction (avant 1974, 1975-1989, 1990-2005 et après 2012) et différentes solutions de chauffage et de production d’ECS". À noter : les résultats sont issus de scénarios modélisés.

-65 % d'inconfort d'été avec l'automatisation des volets ou stores

D'après le CSTB, les gestionnaires d'énergie permettraient donc de réduire jusqu'à 30 % la consommation énergétique d'un appartement équipé de son propre moyen de chauffage, soit autant qu'en maison. De son côté, Ignes – qui se base sur les consommations moyennes de chauffage et d'ECS pour un appartement de 66 m², occupé par trois personnes et équipé d'un chauffage individuel – estime à 400 € l'économie maximale que cela représente à l'année pour la facture d'énergie d'un T3 non isolé, et jusqu'à 150 € pour un logement isolé répondant à la RT 2012. Concernant les GES, un pilotage connecté éviterait l'émission de 0,7 tonne de CO2 par an, sur un cycle de vie de 20 ans.

Simulation des économies d'énergie en fonction de la date de construction et du scénario de référence :

Source : étude CSTB/Ignes

Mais ce n'est pas tout : la présence de thermostats connectés représenterait également une aide bienvenue dans la lutte contre l'inconfort d'été. Alors que les épisodes de fortes chaleurs sont appelées à se multiplier du fait du réchauffement climatique, l'étude du CSTB affirme que l'automatisation des volets roulants ou des stores peut baisser jusqu'à 65 % la notion d'inconfort lors d'étés infernaux tel que celui de 2026. Ces gains seraient d'autant plus parlants en appartements, généralement plus exposés à la hausse du mercure du fait de leur environnement urbain et des îlots de chaleur associés, de leur configuration pas nécessairement traversante ou encore de leur moindre hauteur sous plafond.

Simulation des réductions de l'inconfort d'été selon les configurations :

Source : étude CSTB/Ignes

Cela dit, les logements situés sous les toits et en rez-de-chaussée affichent des gains énergétiques encore plus importants, en raison de leur consommation de base déjà plus élevée que les appartements intermédiaires, qui sont quant à eux davantage "protégés" par les logements voisins et ont donc des besoins de chauffage moindres. "L’orientation modifie les consommations, notamment par les apports solaires, mais les gains relatifs du pilotage sont similaires, quelle que soit l’orientation dans les configurations étudiées", souligne l'étude.

Équilibre du système électrique

"Après la maison individuelle, l'efficacité du pilotage connecté est démontrée pour les appartements, avec à la clef des baisses significatives de la facture d'énergie et une amélioration importante du confort d'été pour l'occupant", souligne Pascal Portelli, le président d'Ignes. "Sans attendre l'indispensable valorisation du pilotage dans nos politiques du logement, les acteurs – propriétaires privés, bailleurs, promoteurs... – ont tous les arguments pour se saisir des solutions performantes déjà sur le marché."

Simulation des baisses d'émissions de gaz à effet de serre en fonction des configurations :

Source : étude CSTB/Ignes

Pour le responsable, l'intérêt des équipements de régulation trouverait même un autre écho dans le contexte inflationniste actuel. "Les systèmes de pilotage connectés répondent à d’autres enjeux tout aussi structurants comme la flexibilité électrique, en contribuant à l’adéquation entre offre et demande pour l’équilibre du système électrique, ou encore la transition démographique en accompagnant nos aînés dans leur aspiration à vieillir à domicile."

Ce qui lui fait dire que "la contribution du pilotage à l’atténuation et à l’adaptation au changement climatique du secteur du bâtiment mériterait d’être mieux valorisée dans nos politiques publiques, à travers une meilleure prise en compte dans le DPE (diagnostic de performance énergétique) et la RE 2020".


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