Géothermie, récupération de chaleur, IA : le CVC en mode passage à l’échelle
Le 10 février 2026 au Carrousel du Louvre à Paris, EnerJ-Meeting, la Journée de l'efficacité énergétique et environnementale du bâtiment organisée par Batiactu Groupe (propriétaire d'XPair), a soufflé sa 10e bougie en réunissant plus de 4.000 professionnels autour de la sobriété, de l’efficacité énergétique et de la décarbonation du bâtiment. Dans l’espace start-up, une quarantaine d'entreprises exposaient leurs solutions. Tour d'horizon évidemment non exhaustif.
Agronergy : vers un triptyque géothermie – biomasse – solaire thermique

Thibault Delaunoy, responsable de projet chez Agronergy (à droite) et le reste de son équipe présente à EnerJ-Meeting Paris 2026. © Yousra Gouja pour XPair
Entre start-up et PME, Agronergy revendique un ADN "biomasse" mais accélère vers un triptyque géothermie – biomasse – solaire thermique. Thibault Delaunoy, responsable de projet, explique que la logique est désormais celle du "mix de deux énergies". Le solaire thermique reste un appoint puisqu'il sert à produire "de l’eau chaude sanitaire, donc ce ne peut pas être l’énergie principale". La géothermie constitue par conséquent le socle "car elle produit le chauffage".
Objectif 2026 : changer d’échelle, travailler les marchés publics et consolider "une PME solide". L’entreprise étant issue du monde de la biomasse, son plus grand défi sera donc de placer la géothermie véritablement au cœur de sa démarche.
Biofluides Environnement : l’eau chaude à partir… des eaux usées

Grégory Poupel, ingénieur et directeur exécutif de Biofluides Environnement. © Yousra Gouja pour XPair
Via son ERS (Energy Recovery System), Biofluides Environnement propose de récupérer "la chaleur des eaux usées pour produire de l’ECS à 55 °C", explique Grégory Poupel, ingénieur et directeur exécutif de la société. D'après lui, le Cop (coefficient de performance) réel annuel de l'installation serait supérieur à 4, auxiliaires compris, avec à la clé une mesure de la consommation de ces derniers.
Le produit aurait en outre un atout d’intégration : "Il n’a pas besoin d’être installé à l’extérieur, il a juste besoin d’un local technique". Concrètement, "les eaux usées transitent dans notre cuve auto-nettoyante avec des échangeurs immergés à l’intérieur", cette dernière étant couplée à une pompe à chaleur eau/eau.
Au-delà de son cœur de cible, l'ECS, Biofluides Environnement espère désormais s'ouvrir de nouveaux horizons : "Nous divisons facilement par 2 les factures sur le poste eau chaude sanitaire et la fenêtre s’élargit encore puisque la RE2020 nous permet d’améliorer notre activité. Nous aimerions donc nous faire connaître des bureaux d’études !"
Le Bon Tuyau : la géothermie "en location avec option d’achat"

Kilian Bazin, le fondateur du Bon Tuyau. © Yousra Gouja pour XPair
Autre approche, plus contractuelle : l’entreprise Le Bon Tuyau commercialise un abonnement à un système géothermique installé chez le client, tout en restant propriétaire des équipements. Kilian Bazin, le fondateur, détaille la formule : "Il s'agit d'une location avec option d’achat, maintenance incluse et un assemblage 'clé en main'".
Dans son diagnostic, il pose "un paradoxe de la géothermie", entre d'un côté un cadre "souple", avec des forages possibles sur une large part du territoire, mais une perception "trop chère" si l’on raisonne uniquement en coûts de travaux. Le Bon Tuyau intervient surtout dans les hôtels et les Ehpad, les établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes.
"Avec la géothermie, le froid est quasiment gratuit – de quoi éviter de fermer des chambres l’été", souligne le responsable. Cette jeune structure qui célèbre son premier anniversaire veut s'inscrire "dans la durée" et pousser la géothermie comme solution CVC "toutes saisons".
Kelvin : une IA d’étude énergétique pour industrialiser la rénovation

Pierre Joly, cofondateur et directeur commercial de Kelvin. © Yousra Gouja pour XPair
Enfin, la brique numérique : Kelvin équipe des chauffagistes en B2B, avec un simulateur et un outil d’aide à la vente. "Juste avec une adresse, on peut calculer le potentiel de rénovation", avance Pierre Joly, cofondateur et directeur commercial. L’objectif : réduire le temps de cycle.
"Nous générons automatiquement une étude énergétique avec l’intelligence artificielle ainsi qu'une offre commerciale chiffrée." Kelvin revendique deux ans de R&D et une levée de fonds de 5 millions d'euros en 2024, avec l’ambition d’en lever davantage pour accélérer. Derrière l’outil, une conviction : "Être neutre carbone en Europe et rénover collectivement".
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