ETT fait le choix de l'IA pour la décarbonation de ses clients et de ses services

Par   Corentin PATRIGEON

Actualités
Publié le 20 mars 2025
Crédit photo ETT
Le siège d'ETT à Ploudalmézeau, dans le Finistère.
NUMÉRIQUE. Le spécialiste breton des solutions de performance énergétique a choisi de déployer l'intelligence artificielle auprès de ses clients et de ses propres services afin d'accélérer la décarbonation du secteur. Sa feuille de route se décline en plusieurs phases.

L'époque est à l'intelligence artificielle, et ce n'est pas ETT (Énergie Transfert Thermique) qui va dire le contraire. L'industriel breton, qui propose des solutions de climatisation, chauffage, ventilation et déshumidification, vient de dévoiler sa stratégie de décarbonation et d'adaptation au changement climatique du bâtiment.

Pour ce qu'il qualifie de "nouvelle révolution industrielle", le spécialiste, qui emploie 375 personnes sur son site de 16.000 m² à Ploudalmézeau (Finistère), a choisi de déployer l'IA auprès de ses clients et de ses propres services.

"L'IA est un formidable atout pour accélérer la transformation de nos modèles", se réjouit son directeur général, Antoine Millot. "Pour nos clients, elle vient répondre aux multiples défis sur le terrain : de la meilleure maîtrise des coûts d'un chantier à l'optimisation des performances énergétiques d'un bâtiment, de l'entrepôt logistique à la piscine en passant par les centres commerciaux."

Pilotage, autorégulation et surveillance en temps réel

Concrètement, la feuille de route d'ETT se décline en plusieurs phases, dont trois sont déjà amorcées. La première consiste à améliorer le pilotage des équipements grâce aux données : depuis 2024, l'entreprise intègre une solution de gestion des équipements thermiques par le biais du CPE (contrat de performance énergétique), ce qui permet de détecter des anomalies de consommation ou de confort par rapport aux habitudes du bâtiment, et de garantir un fonctionnement adéquat vis-à-vis des conditions climatiques.

L'autorégulation des machines avec les données de l'IA constitue la seconde phase. L'industriel planche sur un système permettant à l'appareil de se réguler tout seul, tout en abaissant sa consommation. En plus de générer des économies d'énergie du fait de l'anticipation des conditions internes et externes du bâtiment, cette démarche prolonge la durée de vie des équipements en leur évitant d'être sursollicités.

La troisième phase se résume à surveiller en temps réel les machines par l'intermédiaire des jumeaux numériques et de l'IA. En développant une représentation virtuelle d'un bâtiment, ETT affirme qu'il est possible de reconstituer son comportement énergétique et ainsi d'orienter au mieux les investissements de décarbonation.

"On parle beaucoup de décarbonation mais n'oublions pas que le champ des possibles grâce à l'IA est bien plus large : sobriété, utilisation raisonnée des équipements thermiques, résilience aux chocs climatiques."

Antoine Millot, directeur général d'ETT

"La consommation des dispositifs thermiques peut représenter autour de 50% de la consommation énergétique d'un bâtiment et 90% du coût complet - l'achat de la machine et sa consommation", souligne Antoine Millot.

Or, d'après lui, "85% des sites équipés en systèmes HVAC présentent une surconsommation due à des paramétrages mal optimisés ou des modifications non contrôlées. Des études comparatives démontrent qu'une régulation optimisée des équipements grâce à l'IA, c'est déjà diviser par deux leur consommation énergétique."

En complément, son entreprise envisage de tester dès cette année des capteurs communicants dont le déploiement permettrait de détecter les signes avant-coureurs d'une panne, et ainsi assurer de la maintenance prédictive.

Trouver le juste milieu entre adaptation et régulation

ETT "infuse" également au fur et à mesure l'IA dans ses différents services. Dans une logique d'amélioration de la performance et de fluidification des processus, ces outils sont utilisés pour des plateformes de données ou encore de la gestion documentaire de type RAG (Retrieval Augmented Generation, ou génération augmentée de récupération, une technique d'optimisation des réponses des modèles de langage).

Ses responsables affirment prendre cependant leurs précautions : "Entre régulation de l'IA et adaptation des entreprises pour intégrer ce nouvel outil, la frontière est parfois complexe", reconnaît le directeur général délégué, Hervé Stéphanus. Il dit suivre "de près la réglementation, notamment l'IA Act dont le premier volet est entré en vigueur le 2 février dernier, et joue un rôle clé dans l'encadrement du développement de l'IA".

Antoine Millot abonde et parle de "responsabilité" articulée autour de "principes fondateurs" : un code de conduite et d'utilisation de l'IA, l'exclusion d'informations "de reconnaissance émotionnelle", la mention obligatoire du recours à l'IA et la formation des équipes à "un usage éthique, raisonné et conforme".

Le patron d'ETT préfère se focaliser sur les atouts et promesses de cette technologie : "On parle beaucoup de décarbonation mais n'oublions pas que le champ des possibles grâce à l'IA est bien plus large : sobriété, utilisation raisonnée des équipements thermiques, résilience aux chocs climatiques".


Actualités

Sélection produits