EnerJ-Meeting : la ventilation s’impose, le chauffage bascule et le numérique rattrape le secteur
Une édition toute particulière : le 10 février 2026 au Carrousel du Louvre à Paris, EnerJ-Meeting a soufflé sa 10e bougie autour d’un mot d’ordre : bâtir 2050 en conjuguant sobriété, efficacité, décarbonation, adaptation et désirabilité. Dans les allées de l’événement qui a accueilli plus de 4.000 décideurs du bâtiment, un sentiment est souvent revenu : le contexte est tendu mais les signaux sont plus contrastés que prévu.
Déplacement du centre de gravité vers la ventilation...
Julien Jaillet, chargé de prescription chez VTI, refuse le "catastrophisme" : "Pour moi, la conjoncture n'est pas forcément compliquée". Derrière cette confiance, un déplacement du centre de gravité : la ventilation, longtemps reléguée, capte dorénavant l’attention. La tension n’est pas tant commerciale qu’opérationnelle : "La difficulté, ce sera plus de répondre rapidement aux gens", précise-t-il.
Et surtout, la ventilation retrouve un rôle "système" dans la performance : "La ventilation était un peu le mal-aimé, maintenant elle est vraiment entrée dans les mœurs. Et puis, il n’y a pas d'isolation sans ventilation, même si la ventilation occupe une petite part dans la réhabilitation."
Dans le résidentiel collectif, VTI assume une spécialisation : "On ne fait pas de double-flux, on ne fait que de l'extraction d'air pour les logements collectifs". Cette montée en charge impose une transformation interne : "On doit s'améliorer sur notre organisation en interne", admet-il.
... et de la qualité de l'air intérieur
Dans la même veine, la qualité de l’air s’affirme également sur cette édition, aussi bien comme un sujet d'exploitation que comme une problématique de santé. Plusieurs entreprises exposaient sur ce sujet.
Chez Écomesure, Marin Pelletier, développeur commercial sur le numérique, décrit une station fabriquée et distribuée en interne, qui plus est "made in France", qui mesurent les PM 1, 2,5, 10, le CO2, le bruit, la pression...

Armel Seka (à droite) et Edward Bernard, prescripteurs chez Intuis. © Yousra Gouja pour XPair
Chauffage : une bascule vers la rénovation accélérée par les CEE
Le discours fait écho au contexte réglementaire et aux dispositifs d’incitation. En toile de fond, le Coup de pouce CEE sur le chauffage (à partir du 1er janvier 2026 pour certaines opérations) nourrit la dynamique de remplacement d’équipements fossiles. Dans le collectif, la marche reste haute : "C'est encore au gaz", reconnaît le professionnel. Et pourtant, il décrit une chaîne de décision lente : "Il faut inciter les acteurs, copropriétés, bailleurs... à passer les étapes. Le plus efficace, c'est de changer l'enveloppe du bâtiment."
Edward Bernard, également prescripteur chez Intuis, résume ainsi la contrainte carbone : "La réglementation a des limites sur le seuil carbone. C'est l'occasion de s'insérer dans la rénovation, car même si c'est le neuf qui nous a porté, il y aura de moins en moins d'opérations."

Le stand de Vigilia avec des images de la plateforme. © Yousra Gouja pour XPair
Le virage numérique rattrape un "vieux métier"
Le constat culturel est clair : "Ils n'ont pas pris le virage du numérique", insiste-t-il. Aussi, sur la plateforme, "ils retrouvent les panneaux dont ils ont l'habitude". Vigilia compte une dizaine de clients pour 300 sites connectés, avec 800 régulateurs vendus. Mais Régis Vignolles pointe une absence : "Il n'y a pas d'obligation de résultats dans le collectif, pas de décret Bacs, alors qu'il en faudrait justement un".
Concrètement, les clients réorientent la demande vers la rénovation et la numérisation progresse par le concret. Reste une question transversale, formulée sans détour sur le terrain, ou plutôt dans les allées d'EnerJ-Meeting : être capable de répondre vite et de prouver l’efficacité dans la durée.
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