Data centers : pourquoi ils vont être le "plus gros enjeu énergétique francilien" d'ici 2040

Par   Corentin PATRIGEON

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Publié le 6 novembre 2026
© iStock/Oselote
Illustration d'un data center.
ZOOM. Dans une note, l'Institut Paris Région présente les chiffres-clés et problématiques de l'essor de ces infrastructures numériques en région parisienne, dont l'attractivité met au défi ses capacités énergétiques.

L'essor des centres de données risque-t-il de poser un problème énergétique à l'Île-de-France ? C'est la question sur laquelle s'est penchée l'Institut Paris Région dans une note, qui présente les chiffres-clés et grandes tendances de l'essor de ces infrastructures numériques en région parisienne, dont l'attractivité met au défi ses capacités énergétiques.

En 2025, l'agence d'urbanisme dénombrait 151 data centers sur le territoire francilien, dont seulement 5 étaient raccordés à un réseau de chaleur urbain. Leur puissance installée devrait, en fonction de la concrétisation des projets, culminer entre 6,5 et 8 GW en 2040, contre seulement 1 GW en 2025.

Si les centres de données surfent actuellement sur une dynamique favorable, portée par l'explosion des usages numériques et de l'IA, toutes les collectivités ne les accueillent pas forcément à bras ouverts : certaines restreignent leur installation, tandis que d'autres ont adopté des moratoires. Ce qui ne devrait toutefois pas contribuer à freiner le phénomène.

Jusqu'à "huit à neuf ans" pour raccorder un centre au réseau

"D'ici à 2035, leur nombre pourrait quadrupler en France, avec une puissance électrique amenée à être multipliée par 6 rien qu'en Île-de-France", souligne l'Institut Paris Région. La région capitale, qui concentre 64 % de la puissance installée des data centers de l'Hexagone et dispose d'une production électrique décarbonée à plus de 95 %, serait préférée pour sa "position stratégique", sa "faible latence" et son "réseau électrique de qualité et densément maillé".

Malgré tout, des questions demeurent, notamment sur la chaîne d'approvisionnement des composants critiques (puces et équipements de secours). De même, l'agence s'interroge sur la disponibilité et la rapidité du raccordement électrique, qui peut parfois mettre jusqu'à "huit à neuf ans" pour se réaliser.

L'acceptabilité de la population sur ces infrastructures qui attirent de plus en plus l'attention, souvent pour des mauvaises raisons liées aux nuisances et à l'impact environnemental, doit aussi être intégrée à l'équation.

"L'énergie est vue comme le principal défi par des opérateurs soumis à une forte logique concurrentielle. Elle conditionnera systématiquement l'implantation des data centers", analyse l'institut. Il voit néanmoins l'Île-de-France comme "une terre d'accueil de choix", qui "a sa carte à jouer en posant ses conditions pour l'accueil des data centers, à condition de conjuguer souveraineté physique de la donnée et réduction des impacts environnementaux".


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