Seine-et-Marne : quand une chaudière à granulés prend le relais du fioul
Chez Patrick Lequesne, le gaz n’était de toute façon pas une option. "Je n’aime pas le gaz", lance-t-il. Sa maison s’étale sur 300 m², dont 200 m² chauffés par la chaudière à granulés. Jusqu’en 2022, l’installation fonctionnait au fioul. Après avoir échangé avec des voisins déjà équipés, cet ancien responsable technique s’est tourné vers une chaudière ÖkoFen de 24 kW.
Le chantier, réalisé en moins d’un mois, ne s’est pas limité au remplacement du générateur. Il a fallu nettoyer le circuit de chauffage, reprendre une partie de l’installation électrique et neutraliser l’ancienne cuve à fioul enterrée, remplie de sable. L’ensemble était intégré au devis : environ 27.000 €, dont 2.500 € couverts, à l’époque, par MaPrimeRénov’.
Le combustible est stocké dans une réserve d’environ 9 m², remplie par camion souffleur, puis acheminé automatiquement jusqu’à la chaudière. La consommation tourne autour de 3 tonnes de granulés par an. "Moins de bruit, aucune odeur et un confort d’utilisation", résume Patrick Lequesne.
L’entretien courant reste limité, notamment au vidage du cendrier. Les cendres sont ensuite valorisées au compost ou au potager. Un poêle à bois complète l’équipement, davantage "pour le côté convivial". Quant au chauffage électrique présent dans la maison, il n’est pratiquement pas utilisé. Quatre ans après son changement d’énergie, le propriétaire tranche : "Je ne reviendrai pas en arrière. Le granulé monte aussi, mais pas aussi vite que le fioul."

Le vidage du cendrier.
© Yousra Gouja pour XPair
Un marché encore loin de son pic
Ce retour d’expérience intervient sur un marché qui cherche à se stabiliser. Observ’ER, l'Observatoire des énergies renouvelables, recense 8.060 chaudières à granulés vendues en France en 2025, soit une hausse de 17,7 % sur un an, première progression depuis 2022. Le niveau d’activité reste toutefois très inférieur au sommet atteint cette année-là. Le parc domestique était estimé à 186.000 chaudières à granulés fin 2024.
La filière s’appuie aussi sur une ressource largement produite en France : 2,2 millions de tonnes de granulés ont été fabriquées en 2025, et environ 85 % de la consommation hexagonale est couverte par la production nationale. Pour Thomas Perrissin, président d’ÖkoFen France, le potentiel de renouvellement reste important, mais la dynamique actuelle inquiète.
"On recule. Si les installations qui arrivent en fin de vie sortent, on n’assure pas le renouvellement", souligne-t-il. Il rappelle qu’il reste "2,5 millions de chaudières fioul à sortir" (selon le SFCB, le Syndicat français des chaudiéristes biomasse) et présente la chaudière à granulés comme "une des solutions faciles", notamment dans les logements déjà dotés d’un chauffage central.
Le coût du combustible reste l’un de ses principaux arguments : au premier trimestre 2026, le granulé était évalué à 7,9 centimes d’euro/kWh, contre 17 centimes pour le fioul. Pour les maisons où la pompe à chaleur se révèle moins adaptée, notamment avec des besoins élevés ou des radiateurs haute température, la chaudière à granulés entend donc continuer à jouer sa carte.

Le stockage à granulés.
© Yousra Gouja pour XPair
Lire aussi
-
Chauffage : le bois n'arrive pas à se démarquer dans un marché tourmenté
-
Qualité de l'air : les particules fines diminuent et ce serait (en partie) grâce au chauffage au bois
-
Les chauffagistes au bois estiment que la PPE 3 "fragilise" le système énergétique français
-
MaPrimeRénov' : l'exclusion des chaudières biomasse des monogestes provoque une "vive opposition"
Sélection produits
Contenus qui devraient vous plaire
- ANTHROPY THERMO CONSEILS
