Présidentielle 2027 : les ingénieurs entrent à leur tour dans le débat

Par   Corentin PATRIGEON

Actualités
Publié le 12 octobre 2026
© iStock/Skarie20
Illustration d'une réunion d'ingénieurs.
PROFESSION. Le livre blanc fraîchement publié par Syntec Ingénierie liste une douzaine de mesures censées s'appliquer dès le début du prochain quinquennat. Objectif : renforcer une filière jugée indispensable pour concrétiser les projets de transition écologique, industrielle et énergétique.

Alors que la campagne pour l'élection présidentielle de 2027 semble désormais être bel et bien engagée, c'est au tour de Syntec Ingénierie d'interpeller les candidats sur les enjeux auxquels sont – ou vont être – confrontés les bureaux d'études. C'est donc au travers d'un livre blanc que la fédération professionnelle propose une douzaine de propositions, qui, d'après elle, peuvent se concrétiser dès le début du prochain quinquennat.

Dans un communiqué, elle estime que "l'élection de 2027 sera moins un choix de personnalité qu'un choix de méthode et de vision", soulignant que les objectifs de souveraineté industrielle, de compétitivité économique et de transition écologique "se conçoivent avant de se mettre en œuvre". Les mesures avancées par Syntec Ingénierie sont regroupées en quatre axes majeurs.

Sécuriser les investissements avec "des lois de programmation pluriannuelle"

D'abord, "refonder un État stratège" en réduisant "les dépenses de fonctionnement et d'intervention des administrations au profit des investissements stratégiques, [en raisonnant] en coût global, [en renforçant] la maîtrise d'ouvrage publique et [en utilisant] à plein le levier des 233 milliards d'euros de commande publique pour valoriser la qualité technique, la durabilité et l'innovation plutôt que le seul prix".

Pour réellement garantir la réindustrialisation, elle suggère aussi de conditionner les aides publiques "à un ancrage industriel durable en France et en Europe", tout en y "intégrant des critères de souveraineté dans la commande publique".

D'un point de vue financier, la fédération souhaite plafonner les charges patronales "au-delà de 3 Smic, de pérenniser le crédit d'impôt recherche et de rendre obligatoire l'intégration du principe de 'Security by design' dans les projets publics d'infrastructures et de bâtiments".

Elle pousse également "des lois de programmation pluriannuelle" qui sécuriseraient les investissements dans les infrastructures de transport, d'énergie et de numérique. La profession ne doit pas non plus s'exonérer de la refonte du cadre juridique pour aller vers plus de simplicité et de stabilité, sans pour autant "renoncer aux exigences techniques et environnementales".

Pour les bâtiments publics, "un plan d'audit et de rénovation"

Dans le secteur de la construction, Syntec plaide pour "un plan d'audit et de rénovation des bâtiments publics" et pour faciliter la transformation des bureaux vacants en logements.

Enfin, la filière, qui rappelle qu'il lui faudra former 100.000 ingénieurs et techniciens par an d'ici à 2035 alors que seulement 47.400 diplômés sortent actuellement de l'école chaque année, veut fixer des "objectifs nationaux progressifs de féminisation des enseignements de spécialités scientifiques au lycée (30 % puis 40 %)" et "corriger les effets de la réforme du baccalauréat sur le choix de ces spécialités".

En complément, elle demande à renforcer les admissions parallèles dans les écoles d'ingénieurs ainsi que les aides à l'apprentissage et l'attractivité de ces métiers auprès des étudiants étrangers.

Pour le président de Syntec Ingénierie, Yves Metz, "rien de grand ne se fait dans l'improvisation". Si "l'ingénierie ne soutient aucun candidat, elle demandera à chacun non seulement ce qu'il promet, mais comment il compte le réaliser, à quel coût et avec quels ingénieurs".


Actualités

Sélection produits