Logement : de l'intérêt de ces deux solutions de ventilation individuelle en rénovation

Par   Pascal POGGI

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Publié le 28 août 2026
© Pascal Poggi pour XPair
La réhabilitation de certains logements, notamment en copropriété, peut rencontrer des obstacles techniques en matière de qualité de l'air.
ZOOM. La réhabilitation de certains logements, notamment en copropriété, peut rencontrer des obstacles techniques en matière de qualité de l'air. Il s'avère alors préférable d'opter pour l'une des deux solutions de ventilation mécanique cantonnée à chaque logement.

Certains logements, par exemple dans les bâtiments haussmanniens, ne sont pas ventilés. L’air s’introduit par le défaut d’étanchéité des menuiseries et – mais elles n’existent pas toujours – par les grilles de ventilation de la cuisine et de la salle de bains. En revanche, lorsqu’on réhabilite de tels logements, notamment lorsqu’on change les fenêtres, le logement devient étanche à l’air. Ce qui favorise les désordres – apparition de moisissures et dégradation des revêtements – et nuit considérablement à la qualité de l’air intérieur. Il faut donc ventiler.

Bien sûr, on peut ouvrir les fenêtres régulièrement et pratiquer une ventilation naturelle, mais d’abord il faut y penser, ensuite cela favorise les déperditions thermiques et nuit au confort et enfin, en fonction de la qualité de l’air extérieur, ce n’est pas nécessairement une bonne solution. Il est donc plus efficace d’installer un système de ventilation mécanique.

Seulement voilà, en copropriété, lorsqu’on refait un seul logement, il n’est pas possible de passer les gaines verticales jusqu’au toit. En plus, dans les bâtiments anciens, il n’y a souvent pas la place nécessaire. Une solution de ventilation mécanique cantonnée au logement est donc préférable. Il en existe deux : la VMI, ou ventilation mécanique par insufflation, et la ventilation double flux décentralisée.

© Pascal Poggi pour XPair

Au salon Fensterbau, qui s’est tenu à Nuremberg (Allemagne) du 24 au 27 mars, plusieurs fabricants de fenêtres et d’occultations présentaient en même temps des solutions de ventilation décentralisée : quand on remplace des fenêtres, c’est le bon moment pour les installer.

© Pascal Poggi pour XPair

La ventilation double flux décentralisée

Nous avons pour la première fois rencontrée la ventilation double flux décentralisée il y a déjà six ans, en visitant la rénovation d’un logement dans un immeuble collectif, réalisée par l’architecte Laurence Bonnevie, alors présidente de l’association La Maison du Passif. Laurence Bonnevie travaillait alors surtout dans l’existant et pratiquait couramment la rénovation au standard Passif (EnerPhit), appartement par appartement dans des copropriétés.

Pour les ventiler, elle avait découvert lors d’un congrès Passivhaus en Allemagne les caissons de ventilation double flux décentralisés. Il n’existait alors pas de tels matériels sur le marché français. Elle s’était donc mise à acheter elle-même en Allemagne, les caissons dont elle avait besoin pour la ventilation des logements qu’elle rénovait au standard Passivhaus.

Elle s’était fixée sur le caisson Meltem M-WRG-II E, dont le débit d’air varie de 10 à 70 m3/h, capable de récupérer en hiver 55 % de l’humidité de l’air extrait et avec un taux de récupération de chaleur de 57 %. Ce caisson est certifié par le Passivhaus depuis 2018.

Plus récemment, Victor Hoppe, le responsable technique de La Maison du Passif, a lui aussi rénové son appartement en copropriété au standard passif et choisi une VMC décentralisée néerlandaise, certifiée PHI (PassivHaus Institut) et non encore commercialisée en France, la Fresh-r de chez Vaventis, avec le module "forward" pour faire circuler l'air vicié de la chambre à la salle de bains sans gaine. Son débit d’air varie de 20 à 65 m3/h, avec un taux de récupération de chaleur de 78 %. © Victor Hoppe

Sur le site du PHI, on trouve d’ailleurs trois autres caissons double flux décentralisés :

- ComfoAir 70 de Zehnder, 20 à 40 m3/h de débit, 85 % de taux de récupération de chaleur et 64 % de récupération de l’humidité de l’air extrait en hiver,

- ComfoAir 50 de Zehnder, 15 à 25 m3/h de débit, 80 % de taux de récupération de chaleur et 64 % de récupération de l’humidité,

- FreeAir100e ERV de BluMartin GmbH : 20 à 85 m3/h de débit, 86 % de taux de récupération de chaleur et 61 % de récupération de l’humidité. BluMartin appartient désormais au Groupe Swegon.

Une offre importante en France

Outre ces matériels certifiés par le PHI, on trouve désormais de nombreuses solutions de ventilation double flux décentralisée en France. La société française Aereco, qui appartient à Aldès depuis 2022, s’en est fait une spécialité et présente pas moins de sept modèles. Aldès lui-même propose depuis plusieurs années le Nano Air 50 qui fonctionne en cycle alterné.

Il existe en effet deux types de caissons de ventilation. Le premier, avec deux canaux et deux ventilateurs, offre un débit d’insufflation et d’extraction en continu continu. Le second alterne les flux d’insufflation et d’extraction dans un seul canal, impulsés par un seul ventilateur qui renverse son sens de rotation régulièrement, 70 secondes dans chaque sens pour le Nano Air 50 d’Aldès.

Le flux extrait traverse un échangeur de chaleur et lui cède sa chaleur. Ensuite, le ventilateur renverse son sens de rotation et introduit de l’air neuf dans le local. Au passage, cet air neuf traverse l’échangeur de chaleur et récupère la chaleur accumulée lors de la phase d’extraction, pour préchauffer l’air neuf introduit. © Brink

Outre Aldès et Aereco, on trouve sur le marché français, entre autres, des offres de Brink, d’Helios, de Blauberg, de Prana, de Geco, de BluMartin ou encore de Zehnder, cette liste n'étant évidemment pas exhaustive.

© BluMartin

BluMartin propose une solution complète de ventilation des logements sans conduits : le groupe double flux décentralisé FreeAir 100 posé à travers une paroi donnant sur l’extérieur, le groupe de transfert FreeAir Plus pour la ventilation des pièces intérieures. Le FreeAir100 embarque huit capteurs, dont température, CO2 et humidité relative, pour moduler son débit. Le FreeAir Plus, sans échangeur, embarque trois capteurs (° C, CO2 et % HR) pour moduler son débit de 30 à 70 m3/h.

© BluMartin

Et la ventilation mécanique par insufflation ?

La VMI est une technique très différente, sans doute plus simple, de la ventilation double flux décentralisée. Un caisson pousse l’air neuf dans le logement. Le logement est donc placé en surpression et l’air s’évacue par les sorties d’air au-dessus des fenêtres, grilles, etc.

La VMI ne requiert pas non plus l’installation de gaines, mais il peut être nécessaire de raboter le dessous des portes intérieures pour permettre le passage de l’air vers les sorties d’air. Comme l’air insufflé est prélevé directement à l’extérieur, il vaut mieux le préchauffer pour garantir le confort.

La solution la plus courante est la présence d’une résistance électrique dans le module VMI. Mais VMI, la marque professionnelle de Ventilairsec, spécialiste de la ventilation par insufflation, propose d’autres solutions, dont un moyen facile de rafraîchir un logement.

Le module VMI Purevent, marque de Ventilairsec, peut être associé à un module échangeur de chaleur eau/air, alimenté par une pompe à chaleur réversible. Le module VMI Purevent chauffe ou refroidit l’air neuf introduit, selon la saison. © Ventilairsec

La ventilation double flux décentralisée et la VMI répondent par conséquent aux besoins de ventilation, logement par logement. Elles constituent deux solutions alliant élégance et praticité pour ventiler en rénovation.


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