La Cour des comptes rend son verdict sur Mon accompagnateur rénov'
Mon accompagnateur rénov' (MAR) est-il réellement efficace ? La Cour des comptes s'est posée la question au travers d'un rapport publié au printemps. Géré par l'Agence nationale de l'habitat (Anah), ce dispositif a pour objectif de sécuriser le parcours de rénovation énergétique des ménages en leur prodiguant des conseils sur les volets technique, administratif et financier du chantier.
Depuis le 1er janvier 2024, il est obligatoire de recourir à un MAR pour bénéficier de MaPrimeRénov' (MPR) parcours accompagné. L'institution chargée du contrôle des deniers publics s'est ainsi intéressée à son rôle dans la politique publique de soutien à la rénovation énergétique.
Sécuriser davantage la procédure d'agrément
"Son déploiement rapide a permis la constitution d'un réseau d'acteurs agréés sur l'ensemble du territoire hexagonal, en s'appuyant à la fois sur des opérateurs historiques et sur de nouveaux acteurs, publics comme privés", peut-on lire dans son rapport.
Le document relève que "les modalités d'agrément ont toutefois été simplifiées" dans le but de massifier les travaux de modernisation, "alors même que le secteur de la rénovation énergétique est particulièrement exposé aux pratiques frauduleuses". En parallèle, "la forte progression du nombre de dossiers" n'a pas aidé la soutenabilité du dispositif.
La Cour des comptes recommande par conséquent "de mieux sécuriser la procédure d'agrément, notamment en associant systématiquement les services compétents de la répression des fraudes et en rétablissant la consultation du comité régional de l'habitat et de l'hébergement", tout en renforçant les contrôles du dispositif.
"Prudence" sur la proportion de fraudes
Cela dit, MAR rencontre aussi des difficultés budgétaires qui font tiquer les sages de la rue Cambon. Comme ils le soulignent dans leur rapport, le dispositif est "financé en partie par le programme des certificats d'économies d'énergie (CEE) à hauteur de 226 millions d'euros sur trois ans" mais a connu "une montée en charge plus rapide qu'anticipé". En effet, "147.383 dossiers avaient déjà été déposés" au 30 juin 2025, et "le besoin de financement potentiel apparaissait d'ores et déjà proche de l'enveloppe prévue pour l'ensemble de la période".
Cette situation a entraîné un effet domino sur le budget et les services instructeurs de MPR, "dans un contexte où l'Anah ne dispose pas encore d'une connaissance consolidée des coûts complets du dispositif, ni des moyens humains et matériels mobilisés pour sa gestion". La suspension temporaire du guichet à l'été 2025, puis sa réouverture avec des ajustements visant notamment à mieux digérer le flux de dossiers mais aussi à mieux combattre les tentatives de fraude, a aussi aggravé la santé financière des Accompagnateurs rénov'.
Sur ce dernier point, le rapport de la Cour des comptes se veut néanmoins rassurant. "À ce stade, les éléments disponibles ne mettent pas en évidence de fraude massive spécifiquement imputable au périmètre de MAR, même si des abus ponctuels ont été identifiés, principalement liés au défaut d'indépendance de certains accompagnateurs." Avant d'appeler malgré tout à la "prudence" sur ce point, dans la mesure où le lancement du dispositif est "récent" et que le nombre de contrôles réalisés demeure "encore limité".
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