Dans la Marne, un équipement sportif certifié Passivhaus consacre le chauffage par l’air

Par   Yousra GOUJA

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Publié le 28 janvier 2026
© Yousra Gouja pour XPair
La façade du gymnase certifié Passivhaus de Val-de-Vesle, dans la Marne.
EN IMAGES. À Val-de-Vesle, près de Reims, un pari technique et politique a été mené à son terme : le nouvel équipement sportif, certifié Passivhaus, repose sur l'idée de réduire les besoins à la source et de confier l’essentiel du confort thermique à une ventilation double-flux.

Une pièce maîtresse en façade bois, le parfum du béton à l’intérieur et un terrain de basket comme sol à fouler. Appliquer les principes du bâtiment passif à un gymnase reste aujourd’hui un cas unique en France. "Faire un gymnase passif, c’est ce qui n’avait encore jamais été fait", résume Grégory Sauvage, gérant du bureau d’études thermiques BETS, au sujet de l'équipement sportif de Val-de-Vesle, petite commune d'un millier d'habitants près de Reims.

"La logique est totalement différente d’un bâtiment classique : on n’installe pas un gros système de chauffage, on conçoit d’abord une enveloppe extrêmement performante, puis on chauffe sur l’air." Le projet pousse très loin les exigences du référentiel Passivhaus : une perméabilité à l’air mesurée à 0,097 volume/heure sous 50 pascals. "Notre principal enjeu a été les menuiseries. Les châssis ont été refaits trois fois pour atteindre ce niveau", explique le professionnel.

Dans cette approche, les vitrages deviennent "les premiers radiateurs du bâtiment", tandis que l’inertie intérieure, apportée par quelques parois en béton non porteur, joue le rôle de tampon thermique naturel. Résultat : des besoins de chauffage extrêmement faibles, évalués à 9,48 kilowattheures par mètre carré et par an, bien en dessous du seuil de 15 kWh exigé par le label passif.

"Notre principal enjeu a été les menuiseries. Les châssis ont été refaits trois fois pour atteindre ce niveau", explique Grégory Sauvage, gérant du bureau d’études thermiques BETS. © Yousra Gouja pour XPair

Le double-flux comme système central

"Sur un bâtiment passif, on est obligé de travailler avec du double flux", insiste Grégory Sauvage. Le gymnase est équipé de trois centrales de traitement d’air double-flux Zehnder Carma, fabriquées en France : deux modèles 9048 et un 9016. "Nous avions besoin de matériels certifiés passifs et surtout de centrales capables d’intégrer la régulation souhaitée par le bureau d’études", explique Julien Roselli, responsable technique projets chez Zehnder.

L’inertie intérieure, apportée par quelques parois en béton non porteur, joue le rôle de tampon thermique naturel. © Yousra Gouja pour XPair

Les équipements récupèrent la chaleur de l’air extrait pour préchauffer l’air neuf insufflé, limitant ainsi drastiquement les besoins de chauffage. Les gaines de soufflage, volontairement visibles, alimentent les espaces de la plus grande salle à environ 16 °C. La reprise d’air s’effectue en partie basse et les centrales intègrent des pièges à sons, garantissant un fonctionnement silencieux.

"La ventilation assure à la fois le confort thermique et la qualité de l’air intérieur", souligne Julien Roselli. Grâce à cette conception globale, les coûts de fonctionnement sont estimés à environ 2.000 € par an, un montant a priori dérisoire pour un gymnase. Le bâtiment va encore plus loin avec 80 panneaux photovoltaïques, pour une puissance totale de 35,8 kilowatts-crête. "On produit plus qu’on ne consomme", assure Serge Hiet, maire de Val-de-Vesle.

L'une des gaines sur le côté du gymnase. © Yousra Gouja pour XPair 

Un projet politique autant que technique

"Je voulais un bâtiment vertueux. Un projet comme ça, on ne l’imagine pas dans un petit village", poursuit l'édile. Conçu par Haïku Architecture, le bâtiment propose 1.240 m² de surface utile. "Bioclimatique, biosourcé, favorable à la biodiversité", complète l’architecte Philippe Zulaica. L’ensemble repose sur une ossature bois, avec 800 m² de toitures végétalisées, de larges vitrages au sud et des protections solaires fixes.

"Le bois stocke le carbone. On le restocke dans le bâtiment, et c’est un matériau que l’on sait produire en France." Estimé entre 3 et 4 millions d’euros, le projet a bénéficié de 72 % de subventions (Europe, État, Région, Département, Grand Reims).

Le tableau de bord du système GTB dans l'une des salles des trois centrales de traitement d’air double-flux Zehnder Carma (deux modèles 9048 et un 9016). © Yousra Gouja pour XPair


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