Rénovation : le plan de Rexel pour électrifier davantage le bâtiment

Par   Yousra GOUJA

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Publié le 14 octobre 2026
© Yousra Gouja pour XPair
François Jouffrault, directeur veille, innovation et marché (à gauche), et Aurélien Longeville, directeur des projets de décarbonation et d’efficacité énergétique chez Rexel France.
STRATÉGIE. Sur IBS, le distributeur de matériel électrique a indiqué vouloir dépasser son rôle traditionnel pour proposer désormais un accompagnement complet. Une démarche qu'il assure avoir testée et approuvée sur son propre patrimoine immobilier.

Traduire les objectifs de décarbonation en actions concrètes demande de mettre les mains dans le cambouis. Pour François Jouffrault, directeur veille, innovation et marché chez Rexel France, la réponse passe par une mobilisation collective. "Nous avons tous notre rôle à jouer. En tant que distributeur, nous avons accès à un large éventail de solutions techniques", a-t-il souligné lors d'une conférence sur le salon IBS (Intelligent Building Systems), ce 14 octobre à Paris.

Pour structurer cette démarche, Rexel a développé un accompagnement en cinq étapes. Cette offre, lancée il y a un an, s’appuie sur l’expérience interne du groupe (après deux ans d'analyse de ses propres données), qui gère un patrimoine de 513 bâtiments, entre agences et plateformes logistiques. La première consiste à identifier et hiérarchiser les gisements d’économies d’énergie et de carbone.

Une avance des primes issues des CEE

"Il faut d’abord déterminer les bâtiments sur lesquels agir en priorité", explique Aurélien Longeville, directeur des projets de décarbonation et d’efficacité énergétique chez Rexel France. Grâce à sa solution 360, le groupe collecte et analyse les données, issues notamment des factures énergétiques. L’outil Rexel Diag permet ensuite d’estimer les économies potentielles et de prioriser les interventions selon leur retour sur investissement.

"Ce sont des hypothèses qu’il faut ensuite confirmer", précise Aurélien Longeville. C’est l’objet de la deuxième étape, consacrée aux audits et études de faisabilité, réalisés notamment par Inoveha, le bureau d’études du groupe (racheté en 2014). L’enjeu est de dresser un état des lieux précis des équipements existants. "On ne sait pas toujours, par exemple, que certains radiateurs sont défectueux", illustre-t-il.

La troisième étape concerne le financement des travaux, souvent déterminant dans les décisions d’investissement. Pour limiter la mobilisation de trésorerie, Rexel propose notamment, à travers son projet Saphir, une avance des primes issues des certificats d’économies d’énergie (CEE), directement déduites de la facture. "Si nous nous sommes trompés, c’est Rexel qui en assume la responsabilité", assure Aurélien Longeville.

Financer, déployer et mesurer les économies

Vient ensuite la mise en œuvre des solutions techniques. "Nous ne sommes pas installateurs : nous confions les projets aux professionnels", rappelle-t-il. Rexel assure néanmoins la coordination des intervenants, le suivi des chantiers et l’accompagnement jusqu’à un an après leur réception. Enfin, la cinquième étape porte sur le suivi des performances énergétiques et carbone.

"La bonne nouvelle, c’est que la plupart des équipements sont désormais communicants, ce qui facilite la récupération des données", observe François Jouffrault. Encore faut-il les exploiter : "Si personne ne surveille ces données, vous prenez un risque important", prévient Aurélien Longeville. "Hier, nous étions distributeurs de matériel. Aujourd’hui, nous sommes aussi distributeurs de services", résume François Jouffrault.

Destinée notamment aux commerces, collectivités, hôtels et enseignes de distribution, cette approche se veut adaptable à toutes les tailles de bâtiments, "de la boulangerie de 200 m² au site de 40.000 m²". Le coût de l'accompagnement dépend des besoins et des solutions retenues.


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