Pompes à chaleur : voici les bonnes pratiques pour garantir l'acoustique en logement collectif

Par   Émilie WOOD

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Publié le 6 octobre 2026
© Émilie Wood pour XPair
François Bessac, responsable d’étude acoustique au Cetiat (à gauche), et Arnaud Meyer, délégué aux affaires techniques du Cepac, lors d'une conférence sur Interclima.
FOCUS. Sur Interclima, le Cepac (Centre d’expertise pour les pompes à chaleur) et le Cetiat (Centre technique des industries aérauliques et thermiques) ont présenté les résultats de leurs études conjointes sur les bonnes pratiques à respecter pour garantir une acoustique acceptable lors de l’installation de pompes à chaleur en logement collectif.

On le sait, le logement collectif reste un angle mort de la prescription des pompes à chaleur. Sur Interclima, Arnaud Meyer, délégué aux affaires techniques du Cepac (Centre d’expertise pour les pompes à chaleur) et François Bessac, responsable d’étude acoustique au Cetiat (Centre technique des industries aérauliques et thermiques), ont présenté les résultats de leurs études conjointes sur les bonnes pratiques à respecter pour garantir une acoustique acceptable lors de l’installation de PAC en résidentiel collectif.

Comprendre l’acoustique

Ils ont tout d'abord rappelé qu'il y a deux notions importantes à distinguer : la puissance acoustique, c'est-à-dire le niveau sonore de l’équipement lui-même, et la pression acoustique, souvent exprimée sous forme de distance sur la documentation fabricant.

Attention, les conditions de mesure de la pression acoustique peuvent varier d’un appareil à l’autre. Il est préférable de se référer au niveau de puissance acoustique, si possible certifié, lorsque l’on compare des équipements, souligne Arnaud Meyer. 

Autre notion à intégrer : le spectre acoustique. Pour un même niveau sonore, une PAC peut émettre principalement des fréquences sonores basses ou moyennes. Le bruit sera perçu différemment selon l’une ou l’autre des dominances, et les matériaux utilisés pour bloquer les nuisances sonores ne seront pas les mêmes.

Prendre en compte l’implantation

Se posent aussi une série de questions : cour calme ou rue bruyante ? Avec ou sans vis-à-vis direct ? Implantation contre un mur, dans un coin ou sur une terrasse sans entrave ? Les réponses vont faire toute la différence pour déterminer le niveau de bruit perçu.

En effet, en raison de la réverbération, l’équipement sera perçu comme plus bruyant s’il est installé dans un angle (+6 dB(A)) que contre un simple mur (+3 dB(A)), par rapport à son installation sur le sol ou une terrasse sans entrave. Le niveau sonore, même identique, sera aussi plus problématique dans un environnement calme par rapport à un environnement déjà bruyant, comme une rue animée. Enfin, il faut regarder la distance qui sépare la PAC d’éventuels autres logements situés à la même hauteur.

Attention, prévient également Arnaud Meyer : un environnement sonore peut changer. Ainsi, parfois, une PAC qui ne posait pas de problème acoustique lors de son installation peut en causer plus tard si le bruit résiduel est modifié : une usine qui ferme, un cours d’eau qui s’assèche… et tout à coup, les PAC s’entendent. Les deux intervenants n’ont pas manqué par ailleurs de souligner qu’une PAC visible est une PAC qu’on entend davantage !

Solutions de traitement acoustique

Le Cepac a mis au point en version beta un outil permettant d’évaluer l’impact acoustique des PAC en logement collectif. Il prend en compte tous ces facteurs afin de mieux déterminer le type d’équipement à choisir tôt dans le projet.

De son côté, le Cetiat est en train de monter un projet collaboratif : le Projet 63, aussi appelé "Placement Impact on Heat Pump Acoustics", qui consiste en une base de données ouvertes en collaboration avec d’autres organismes européens. Y sont répertoriées et décrites une cinquantaine de pompes à chaleur, avec leurs caractéristiques acoustiques détaillées.

Si l’équipement pose problème une fois installé, il existe des solutions pour diminuer son impact sonore : silencieux installés dans les réseaux aérauliques, grilles acoustiques, écran acoustique, encoffrement... Faire appel à un acousticien permet de déterminer les meilleures solutions et matériaux à utiliser en fonction de chaque situation.

"Des décibels gagnés, mais à quel prix ?"

Le Cetiat a en outre réalisé une étude sur les vrais effets de l’encoffrement acoustique. Sur une même unité extérieure de 6 kW, trois types d’encoffrements comportant des panneaux à lamelle et des panneaux pleins garnis d’absorbant acoustique ont été réalisés et étudiés. Le premier modèle grand public de 0,74 m3 avait un taux d’ouverture de 16 % ; le second, un prototype Cetiat ajustable de 0,76 m3 s’ouvrait à hauteur de 10 % ; et le dernier, un modèle fabricant de 0,93 m3, à hauteur de 7 %.

Résultat : l’étude a permis de constater que si les performances acoustiques étaient améliorées avec un taux d’ouverture moindre – 6 dB(A) de gagné pour les deux derniers modèles contre seulement 3 dB(A) pour le premier –, les performances thermiques de l’équipement étaient affectées.

Moins d’air neuf, des ventilateurs perturbés et la recirculation de l’air expliquent ce phénomène. Lorsque l’encoffrement est amélioré avec un cloisonnement pour empêcher la recirculation de l’air de l’avant à l’arrière, alors les performances thermiques comme acoustiques s’améliorent.

L’enseignement clé, c’est donc la recirculation. On le savait déjà mais l’étude a permis de le quantifier. "Des décibels sont gagnés, mais à quel prix ? Sans recirculation, les effets aérauliques et thermiques restent limités", conclut François Bessac. D’autres pistes restent à explorer, notamment avec un modèle prédictif complet de l’atténuation des caissons, la gestion de la position de l’unité dans le caisson, ainsi que la prise en compte du compresseur dans les essais et les modèles.


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