Les émissions de gaz à effet de serre du bâtiment en net recul en 2026
Le secteur du bâtiment permet visiblement à la France de faire reculer ses émissions de gaz à effet de serre (GES). C'est en tout cas ce dont fait état le Citepa (Centre interprofessionnel technique d'études de la pollution atmosphérique) dans la mise à jour de son baromètre des émissions mensuelles de GES et de polluants atmosphériques pour les six premiers mois de 2026, complétée par des estimations prévisionnelles pour la fin de l'année.
Ainsi, les émissions de GES de l'Hexagone ont globalement atteint 179,7 millions de tonnes équivalent CO2 au 1er semestre 2026, contre 187,4 Mt CO2e à la même période un an plus tôt, soit une diminution de 7,7 Mt CO2e et une baisse de 4,1 %. Et d'après le Citepa, "cette réduction est principalement portée par les secteurs des bâtiments (-12 %) et des transports (-4,5 %), qui contribuent respectivement à hauteur de 3,7 et 2,7 Mt CO2e à la diminution des émissions".
Baisse de la consommation de gaz naturel
L'association explique le très bon résultat du parc bâti "par le recul des émissions liées au chauffage, à l'eau chaude sanitaire et à la cuisson dans les bâtiments résidentiels et tertiaires, notamment en lien avec la baisse de la consommation de gaz naturel". Mais cette bonne nouvelle pourrait ne pas durer, car ses équipes anticipent "un léger rebond au 2nd semestre (+1,9 %)". Au final, le bâtiment verrait ses émissions de GES se réduire de 5,9 % sur les 12 mois de 2026, "pour atteindre 51,7 MtCO2e".
Quel impact du chauffage au bois sur les particules fines ?
Selon le Citepa, les émissions de particules fines PM2,5 ont reculé de 5,8 % au cours des six premiers mois de l'année, ce qui représente 5.500 tonnes de moins dans l'atmosphère. L'association impute essentiellement cette tendance "à la diminution des émissions liées au chauffage dans les bâtiments, notamment au bois".
En l'état actuel des choses, la France se rapproche malgré tout des budgets carbone qu'elle s'est elle-même fixé dans le cadre de la troisième Stratégie nationale bas-carbone (SNBC 3). Celle-ci vise en moyenne 342 Mt CO2e par an pour la période 2024-2028 (hors puits de carbone comme les forêts), et le niveau d'émissions estimé par le Citepa pour 2026 est de 349,4 Mt CO2e, soit 1,4 Mt CO2e de plus qu'attendu.
"La baisse des émissions prévue en 2026 (-2,8 %) serait ainsi légèrement moins marquée que celle attendue par la SNBC 3 pour cette année (-3,1 %) et resterait nettement en deçà du rythme moyen annuel de réduction nécessaire pour atteindre les objectifs climatiques à l'horizon 2030", souligne l'association. "La réduction des émissions devra donc s'intensifier au cours des prochaines années pour respecter les budgets carbone et atteindre les objectifs climatiques de la France", rappelant que la trajectoire prévoit des diminutions "de 5,7 % en 2027 et de 6,1 % en 2028, par rapport à l'année précédente".
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