Le panneau solaire français Stykon part à la conquête des toitures plates

Par   Émilie WOOD

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Mis à jour le 3 mai 2026
Publié le 3 mai 2026
© Émilie Wood pour XPair
D’une capacité de production de plus de 300.000 panneaux par an (soit 100 MWc), l'usine iséroise d'Heliup a équipé la toiture d'un magasin de l'Hérault.
EN VIDÉO. La jeune entreprise Heliup a lancé début 2025 une ligne de production industrielle pour son innovation photovoltaïque ultralégère Stykon. D’une capacité de production de plus de 300.000 panneaux par an (soit 100 MWc), son usine iséroise a équipé la toiture d'un magasin de l'Hérault.

À la conquête des toitures plates ! La jeune entreprise Heliup a lancé en janvier 2025 une ligne de production industrielle pour son innovation photovoltaïque Stykon. D’une capacité de production de plus de 300.000 panneaux par an (soit 100 mégawatts-crête), son usine iséroise est aujourd’hui devenue l’une des plus grandes du pays. À Clermont-l’Hérault, dans le département éponyme, sur la toiture d’un magasin Gifi, des panneaux Stykon ont été posés au mois de mars.

Semi-rigides, trois fois plus légers que la moyenne – seulement 5 kg/m² –, le travail est moins contraignant et nécessite moins de main-d’œuvre que pour la pose de panneaux classiques. Conçue pour équiper des bâtiments à faible capacité de charge – qui représente un large marché –, l’installation ne nécessite pas de coûteux travaux de renforcement de charpente.

Semi-rigides, trois fois plus légers que la moyenne – seulement 5 kg/m² –, le travail est moins contraignant et nécessite moins de main-d’œuvre que pour la pose de panneaux classiques. © Émilie Wood pour XPair

Concilier performance et durée de vie

Le marché est en pleine expansion et Stykon, commercialisé depuis 2024, a été installé aussi bien en Bretagne qu’en Corse. Heliup commence aussi à s’exporter dans les pays limitrophes avec de premiers projets réalisés au Danemark, en Autriche et en Belgique, souligne Maryline Joanny, directrice commerciale de la jeune entreprise.

"Les maîtres d’ouvrage souhaitent solariser leur bâtiment pour réduire leur facture électrique grâce à l’autoconsommation, pour décarboner et améliorer la performance énergétique globale de leur bâtiment, mais aussi pour répondre aux exigences règlementaires du décret tertiaire et de la loi Aper (accélération de la production d'énergies renouvelables)", indique-t-elle.

Sur la conception du panneau ultraléger, Julien Gaume, directeur technique et co-fondateur d’Heliup, raconte : "La difficulté que nous avons rencontrée, c’est qu’en rendant le panneau léger, on peut le rendre plus fragile à son environnement. Avec Stykon, on a cherché à assurer la performance et la durée de vie, puisque c’est la durée de vie qui fait la rentabilité économique de la solution."

L’ancienne solution, installée en 2010, occupait 1.300 m², soit toute la surface de la toiture. Avec la solution actuelle, plus performante, seuls 600 m² sont occupés pour une production identique. © Émilie Wood pour XPair

Partenariat avec Soprasolar

Depuis ses débuts, Heliup travaille en collaboration avec Soprasolar. Les panneaux de la start-up est intégré à la solution Soprasolar Flex, un procédé sous Atex de cas A, ETN et BRoofT3, permettant d’étanchéifier et de solariser les toitures plates. "C’est une solution qui est extrêmement appréciable, sans impact sur le bâti, simple à mettre en œuvre et performante, durable et surtout assurable", ajoute le co-fondateur.

Sur ce chantier à Clermont-l’Hérault, le projet était de remplacer une solution datant de 2010 qui avait causé des problèmes d’étanchéité sur le bâti tout en conservant l’isolant existant. Erea Ingénierie, maître d’œuvre, a choisi Heliup pour plusieurs raisons.

"La première contrainte était juridique, parce qu’on était dans le cadre d’un repowering, sur un projet de contrat d’obligation d’achat avec EDF – il fallait donc respecter les critères d’intégration sur le système de membrane d’étanchéité. La deuxième contrainte, c’était d’avoir un système adaptable aux supports existants, sans avoir à renforcer les charpentes. Troisième contrainte : l’adaptabilité technique et électrique du système", souligne Christophe Lacouche, directeur de projets EnR chez Erea.

Ajoutant : "La solution étant sous avis technique expérimental, la phase de conformité est beaucoup plus simple. Idem en ce qui concerne l’assurance. Et puis, c’est une solution à prix très compétitif, ce qui fait partie du choix. C’est la première fois que j’utilise cette solution, mais ça ne sera pas la dernière."

Sur la toiture en chantier, de gauche à droite autour d’un panneau semi-rigide léger Stykon : Christophe Lacouche, d'Erea Ingénierie ; Julien Gaume et Maryline Joanny, d'Heliup. © Émilie Wood pour XPair

Une réponse au marché

"Il y a deux innovations : la première, c’est la mise en place d’un isolant de type Rockfit de Rockwool qui rend le bâtiment apte à recevoir une centrale solaire. La seconde, c'est la pose d’une membrane, de surcroît ici cool-roof, pour améliorer la performance énergétique du bâtiment. Ce procédé de cellule souple sur membrane d’étanchéité a un avenir certain puisque la plupart des bâtiments ne peuvent pas supporter des charges de centrales solaires de plus de 20 kg", détaille Youcef Arabi, directeur Île-de-France de l’entreprise Face, qui n’en était pas à son premier chantier avec Heliup.

Pour lui, "cela répond complètement à une demande actuelle du marché ainsi qu’aux contraintes des donneurs d’ordre". L’ancienne solution, installée en 2010, occupait 1.300 m², soit toute la surface de la toiture. Avec la solution actuelle, plus performante, seuls 600 m² sont occupés pour une production identique. Les propriétaires envisagent dorénavant de s’engager dans un second projet photovoltaïque avec la surface restante.

Sur le choix du revêtement cool-roof, Christophe Lacouche conclut : "Le double avantage du cool-roof, c’est que les contraintes thermiques du bâtiment sont largement améliorées, notamment en été, puisque le bâtiment va moins chauffer par le toit. En plus, la réverbération va optimiser la production solaire." Pour répondre à une demande croissante, Heliup ambitionne de multiplier par 10 les capacités de fabrication de son usine à partir de 2028.


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