La transition du bâtiment vue par ses acteurs en 8 grandes tendances

Par   Corentin PATRIGEON

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Mis à jour le 3 mai 2026
Publié le 3 mai 2026
© iStock/Thai-Son Lim
Illustration d'un chantier parisien.
EN CHIFFRES. Près de 2.000 professionnels de la performance énergétique et environnementale du bâtiment ont répondu à une enquête sur la vision prospective de leur filière à horizon 2035. En voici les résultats.

Comment les acteurs du bâtiment voient-ils leur secteur évoluer en France au cours des 10 prochaines années ? Voici la vaste question à laquelle 1.784 professionnels de la performance énergétique et environnementale du bâtiment, des maîtres d'ouvrage à des bureaux d'études en passant par des entreprises de travaux, ont répondu dans le cadre de l'édition 2026 d'EnerJ-Meeting Paris (organisé par Batiactu Groupe, propriétaire d'XPair).

L'évènement, qui souffle cette année sa 10e bougie, tente ainsi de se projeter dans une vision prospective de la filière du génie climatique. Voici ce qu'il faut retenir de cette enquête d'opinion en 8 grandes tendances.

76 % des sondés anticipent au moins un maintien, voire une hausse d'activité

Sur la manière dont le secteur pourrait évoluer d'ici à 2035, 45 % des sondés tablent sur une croissance modérée, 31 % sur une stagnation et 15 % sur une régression. Seulement 5 % d'entre eux s'attendent à une forte croissance et 4 % à une régression importante.

77 % jugent la rénovation et la transition bas-carbone comme des leviers clés

Parmi les principaux leviers de croissance, sont également cités la sobriété énergétique (61 %) et le passage des projets à l'échelle du quartier (56 %). La réduction de l'empreinte carbone totalise 46 % de réponses, tandis que l'économie circulaire et le recours aux matériaux biosourcés convainquent respectivement 42 % et 36 % des personnes interrogées.

Le résidentiel collectif s'impose comme le moteur du marché pour 59 %

Le logement collectif arrive largement en tête des parcs bâtimentaires dont le dynamisme attendu serait le plus fort. Le secteur tertiaire et les immeubles commerciaux cheminent loin derrière, à 24 %. La maison individuelle atterrit dans les profondeurs du classement, avec seulement 10 %.

Le coût global est à 83 % l'aspect de la transition ayant le plus d'impact

Dans le domaine des enjeux environnementaux et réglementaires, certains aspects de la transition énergétique et environnementale ont plus de conséquences que d'autres sur l'activité des professionnels. L'impact environnemental et la sobriété énergétique sont cités par 63 % et 61 % d'entre eux. Ils ne sont plus que 42 % et 36 % à évoquer l'économie circulaire et les biosourcés. L'acceptabilité sociale des projets ne semble préoccuper qu'un peu plus d'un quart (26 %) des sondés.

Plus de 6 professionnels sur 10 sont influencés par la transition écologique

Sans réelle surprise, les acteurs du bâtiment sont déjà 62 % à affirmer que les enjeux de la transition écologique et énergétique influencent leurs choix de façon déterminante. Un tiers (32 %) considère que le phénomène n'est que partiel, quand 6 % disent être peu, voire pas du tout influencés par ces problématiques dans leur activité quotidienne.

Des innovations plus efficaces que d'autres

Toutes les innovations et transformations des pratiques ne se valent pas aux yeux des professionnels. Les méthodes de préfabrication et le hors-site sont par exemple perçus comme particulièrement impactants pour 63 % des personnes interrogées. Le Bim (maquette) et le jumeau numérique arrivent derrière avec 56 %. Presque deux tiers des acteurs (62 %) se disent d'ailleurs convaincus que les matériaux et méthodes vont évoluer.

L'IA ne déferle pas (encore ?) sur le bâtiment mais interroge

Contrairement à ce que l'on pourrait a priori penser, l'intelligence artificielle n'est vue comme une innovation de rupture que par 3 professionnels du bâtiment sur 10, talonnée par la robotisation et l'impression 3D, à 26 %. Un autre enseignement de l'étude porte sur la manière dont l'IA est appréhendée : s'il ne fait guère de doute qu'elle engendrera une mutation du secteur dans les 10 prochaines années, difficile pour l'heure d'affirmer si elle suscite crainte, attente ou méconnaissance.

Les cinq critères qui pèseront le plus dans les décisions

Toujours selon l'enquête d'opinion réalisée à l'occasion d'EnerJ-Meeting Paris 2026, les cinq critères qui pèseront le plus dans les décisions des acteurs du bâtiment sont le coût global (83 %), l'impact environnemental (63 %), la qualité d'usage et le confort (66 %), le rendement économique (31 %), et enfin l'image et l'attractivité (14 %).


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