La nouvelle baisse du CEP électricité dénoncée comme "un passage en force" par certains

Par   Corentin PATRIGEON

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Publié le 28 août 2026
© iStock/Sinenkiy
Un installateur remplace un radiateur dans un logement.
RÉACTION. La nouvelle baisse du coefficient de conversion de l'électricité utilisé dans le calcul du diagnostic de performance énergétique fait bondir certains professionnels, qui redoutent les conséquences sur l'activité du bâtiment et sur les occupants en situation de précarité.

"Un passage en force" du Gouvernement qui fait fi des "alertes répétées" de très nombreux acteurs du bâtiment : la nouvelle baisse du coefficient de conversion de l'électricité utilisé dans le calcul du DPE (diagnostic de performance énergétique) provoque l'ire de Coénove. L'association, dédiée à la promotion de la sobriété énergétique et des gaz renouvelables dans le logement, rappelle qu'une majorité de voix se sont pourtant élevées contre le projet des pouvoirs publics au sein du Conseil supérieur de l'énergie (CSE) et du Conseil supérieur de la construction et de l'efficacité énergétique (CSCEE) au mois de juillet.

En passant de 1,9 à 1,7 dès le 1er janvier 2027, le coefficient d'énergie primaire/énergie finale (CEP/CEF) de l'électron a pour objectif affiché de favoriser les solutions électriques dans le parc résidentiel, et de fait de pousser vers la sortie les systèmes à base de combustibles fossiles. "Stable pendant 45 ans, de 1976 à 2021, ce coefficient, censé traduire une réalité physique et découler d’un calcul étayé, aura été modifié trois fois en cinq ans, au grand dam des experts qui dénoncent le 'tripatouillage' d’un indicateur scientifique à des fins politiques", tacle l'organisation.

Celle-ci ne se prive pas non plus pour fustiger la sortie de plusieurs dizaines de milliers de logements du statut de passoire thermique induite par cette nouvelle modification du CEP/CEF de l'électricité, "un tour de passe-passe réglementaire" qui ne règle en rien, selon elle, les questions de la performance réelle, du confort et des consommations. En bout de chaîne, les adhérents de Coénove y voient ainsi une perte de crédibilité du DPE dans un marché de l'immobilier déjà à la peine, particulièrement au niveau de l'offre locative.

"À force de modifier les indicateurs scientifiques pour améliorer facticement les statistiques, on finit par perdre de vue l'objectif principal : rénover réellement les logements", appuie Jean-Charles Colas-Roy à la tête de l'association. "Il est par ailleurs regrettable que le Gouvernement ait décidé de passer outre les avis négatifs des instances qu’il a lui-même consultées, sans démontrer que la valeur retenue correspond à la réalité du système électrique français." Pour le responsable, "ce n'est pas le CEP/CEF qu'il faut modifier, ce sont les bâtiments qu'il faut rénover".


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