Interclima : un 1er semestre 2026 "encore assez difficile" pour le CVC (Uniclima)
La situation est encore loin de s'améliorer pour le génie climatique. Lors de l'ouverture du salon Interclima, qui se tient jusqu'au 1er octobre au Parc des expositions de la Porte de Versailles à Paris, les chiffres et tendances des six premiers mois de l'année dévoilés par Uniclima ne sont guère rassurants.
Dans un marché du bâtiment où les mises en chantier devraient tomber sous les 300.000 cette année et où la rénovation énergétique se replie de 1,1 %, le groupement des industries thermiques, aérauliques et frigorifiques a bien du mal à trouver des indicateurs positifs.
À noter : Uniclima publie le bilan des ventes "sell-in" du CVC, c'est-à-dire les ventes des industriels aux distributeurs et installateurs en direct, à différencier des équipements installés.
Les chaudières gaz-fioul chutent de 23,4 %
La preuve donc avec les générateurs de chauffage de la boucle à eau chaude, "en forte régression, ce qui est un très mauvais signal", commente Stanislas Lacroix, à la tête d'Uniclima.
Avec un score de 69 au 1er semestre 2026, contre 77 pour l'année 2025, celui-ci atteint un niveau historiquement bas, la baisse des ventes de générateurs à combustion n'étant pas compensée par la hausse des pompes à chaleur hydrauliques. Si le 2nd semestre reproduit cette tendance, le marché aura perdu au total entre 80.000 et 100.000 chaudières pour seulement 23.000 à 25.000 PAC air/eau vendues.
Les chaudières gaz-fioul chutent quant à elles de 23,4 %, avec seulement 169.000 machines écoulées, à comparer aux 220.700 au 1er semestre 2025. Sans surprise, la filière explique ce phénomène par le choix des pouvoirs publics de privilégier l'électrification, et donc la massification de la PAC. "Nous réaffirmons que nous avons aussi besoin des chaudières à combustibles pour certains cas d'usages, et ces tendances négatives devraient malheureusement se confirmer au 2nd semestre", analyse le président du groupement.
+14,7 % pour les PAC air/eau
La PAC se retrouve par conséquent, en suivant la même logique, en grande forme : les modèles air/eau engrangent +14,7 % sur les six premiers mois de 2026, et même +20,3 % à fin août, totalisant 101.330 unités vendues.
Les mêmes causes produisent les mêmes effets : la recherche d'économies pour les ménages confrontés à l'inflation des combustibles fossiles et la politique publique de soutien à la PAC (bonifications CEE pour les modèles "made in Europe", TVA à 5,5 % pour les unités air/air...) font les affaires de cette technologie, dont les industriels s'interrogent toutefois sur la suite avec l'arrêt programmé des bonifications CEE au 31 décembre.
"Il nous faut un cadre stable dans la durée. Quand je vois que certains politiques remettent en cause les CEE dans leurs programmes, j'avoue que j'ai du mal à comprendre comment on peut pousser l'électrification et dans le même temps ralentir ce dispositif", constate Stanislas Lacroix. "Si cette dynamique se confirme, on s'attend à une année 2026 et même 2027 positive, avec une croissance à deux chiffres. L'enjeu n'est plus de relancer la PAC mais de consolider son développement."
Bond spectaculaire des ventes de PAC air/air
L'été infernal qui a fait suffoquer la France a aussi boosté les ventes de PAC air/air (< 17,5 kW), qui surfent sur une vague de +36,2 % au 1er semestre 2026, et même +44,4 % à fin août, atteignant 602.514 unités.
Uniclima relativise toutefois ces chiffres en rappelant que le marché part d'un creux, et souligne que l'effet de stock chez les distributeurs s'estompe en début d'année et que les flux se sont donc progressivement tendus. Les canicules à répétition de cet été ont par ailleurs joué le rôle de déclencheur des décisions d'achat, le confort d'été devenant un enjeu de qualité de vie pour de nombreux ménages.
"Le marché a été tracté par les canicules", confirme le président d'Uniclima. "Le confort d'été devient crucial pour tous. La PAC air/air est une solution unique, économe et performante qui devrait trouver sa place ; c'est une technologie d'avenir, un pilier de la transformation énergétique, à condition qu'elle bénéficie d'une stabilité dans la durée. On attend donc sur ce segment une croissance à deux chiffres pour 2027, du fait d'une forte tendance de fond chez nos collègues installateurs et maintenanciers."
Dans le tertiaire, les PAC air/air de forte puissance – les DRV (débit de réfrigérant variable) –, poussées par le décret tertiaire, progressent de 5,6 %, cumulant 19.376 unités. Si ces chiffres témoignent d'une reprise après un exercice 2025 en repli, ils ne permettent cependant pas d'espérer un retour à la dynamique des années 2023-2024.
Recul de la VMC dans le résidentiel comme dans le tertiaire
Pas mieux du côté de la ventilation, dont l'indicateur agrégé "est également assez déceptif, le sujet ayant du mal à trouver sa place parmi les enjeux de la rénovation". En se maintenant à 103, il traduit un recul des ventes dans le résidentiel (-0,7 % pour la VMC simple flux et -12 % pour la double flux), qu'Uniclima impute à un mauvais fléchage des aides et des réglementations vers les systèmes de ventilation mécanique performants. Idem dans le tertiaire : -3,5 % pour le simple flux et -3,2 % pour le double flux.
"La ventilation mécanique est trop vue comme une contrainte réglementaire alors qu'elle permet une vraie maîtrise énergétique des bâtiments, mais elle n'est malheureusement pas soutenue par les pouvoirs publics. Dans le résidentiel, la bascule sur l'hygroréglable se fait encore trop lentement. Il y a des signaux positifs (TVA…) mais nous souhaitons un meilleur fléchage des aides vers des dispositifs à récupération d'énergie, et une meilleure prise en compte de ceux-ci dans le DPE", conclut Stanislas Lacroix.
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