Île-de-France : pour Valérie Pécresse, climatiser tous les lycées "n'est pas envisageable"

Par   Steve CARPENTIER

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Publié le 7 septembre 2026
© Steve Carpentier pour XPair
Valérie Pécresse, la présidente de la Région Île-de-France, le 31 août 2026, lors de la conférence de presse de présentation de la rentrée scolaire 2026-2027 dans les lycées franciliens. À sa gauche, James Chéron, maire de Montereau, vice-président de la Région Île-de-France en charge des lycées et de la réussite scolaire.
ADAPTATION. Malgré l'été caniculaire qui a mis à rude épreuve la résistance thermique des établissements d'enseignement, la présidente de la région francilienne a balayé d'un revers de main l'éventualité d'équiper massivement en climatiseurs ceux dont elle a la charge.

Elle a fait ses comptes et en est arrivée à une conclusion limpide : il n'y aura pas de plan climatisation massif mis en place dans les lycées franciliens. Et ce, contrairement à l'appel de certains qui verraient bien l'Hexagone se doter d'un vaste programme de rafraîchissement actif des bâtiments pour faire face aux canicules à répétition.

Lors de sa conférence de presse dédiée à la rentrée scolaire 2026-2027 dans les 468 lycées publics franciliens (dont 92 situés dans la capitale), Valérie Pécresse, présidente de la Région Île-de-France, a ainsi balayé d'un revers de main l'éventualité d'équiper massivement les établissements d'enseignement secondaire dont elle a la charge.

Un objectif inatteignable

"L'installation d'un vrai climatiseur dans chaque salle de classe de la région, soit dans les 30.000 salles de classe que nous dénombrons, est un objectif totalement inatteignable en termes financiers puisque cela représenterait un budget de 6 milliards d'euros d'investissement et de 25 millions d'euros de fonctionnement chaque année", a tenu à préciser l'élue en poste depuis décembre 2015 à la tête de la plus grande région productrice de richesses en France.

"Du reste, cet argent, je ne l'ai pas, et même si je l'avais, je ne le consacrerais pas à ça. Il est beaucoup plus prioritaire d'installer la climatisation dans chaque chambre d'hôpital, dans chaque EHPAD (établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes) ou même dans les écoles primaires."

Un plan de résilience canicule

Si la climatisation ne va pas ruisseler partout dans les lycées publics franciliens, reste qu'en juin dernier, la Région a débloqué, via un plan de résilience canicule, une aide exceptionnelle d'un million d'euros pour équiper les centres d'examen de 1.000 climatiseurs mobiles, ventilateurs et autres brumisateurs.

Plutôt que d'arriver avec des mesures de fortune, la collectivité a donc décidé de construire des lycées de plus en plus résilients en matière thermique et d'y consacrer un budget de 6,6 milliards d'euros, adopté en 2017 sur une période de 10 ans dans le cadre de son plan d'urgence.

Les lycées, le deuxième budget de la Région

En 2025, la région capitale affirme ainsi avoir consacré un budget de 1,9 milliard d'euros pour construire, agrandir et rénover ses établissements scolaires du secondaire. "La rentrée scolaire s'annonce sous des auspices extrêmement productifs puisque nous avons explosé les plafonds de financement des lycées, qui ont été multipliés par deux par rapport à 2015", s'est félicitée Valérie Pécresse.

"Cela ne représente pas moins de 4.000 € par élève, ce qui en fait l'une des régions les plus généreuses de France pour ses lycées. Après les transports, les lycées sont le deuxième budget d'Île-de-France, avec 1 milliard d'euros investi en moyenne chaque année, soit trois fois le montant de la précédente majorité qui nous a laissé une dette éducative colossale. Désormais, deux lycéens sur trois étudient dans un établissement neuf ou rénové."

Une dizaine de lycées neufs livrés depuis 2015

D'après les chiffres de la Région Île-de-France, sur les dix dernières années, 49 lycées neufs ou ayant bénéficié de travaux de rénovation globale ont été livrés et 360 ont connu des transformations d'une ampleur plus ou moins importante. Valérie Pécresse se targue ainsi d'avoir livré 9 établissements flambant neufs depuis sa prise de fonctions et d'avoir, selon ses calculs, divisé par 4,5 la vétusté des bâtiments en l'espace d'une décennie.

Si la ville de Paris perd massivement des élèves, la grande et la petite couronnes, pour leur part, en gagnent. De fait, la rentrée de 2026 affiche au compteur plus de 2.500 places supplémentaires. D'ici à 2028, ce sont 33.000 nouvelles places qui doivent être créées, soit au-delà du plan d'urgence de 30.000 places initialement envisagé par la collectivité territoriale pour les huit départements dont elle a la charge.

14.000 places supplémentaires d'ici à 2028

Pour l'heure, 19.000 places sont d'ores et déjà venues grossir les rangs des lycées franciliens, dans l'attente des 14.000 autres qui ont été lancées ou qui seront lancées dans les deux ans. Parmi les six lycées qui vont dès demain accueillir de nouveaux élèves, il faut compter l'établissement Les Pierres Vives de Carrières-sur-Seine, dans les Yvelines, qui a bénéficié de travaux d'extension (+600 places), l'établissement Henri Becquerel à Nangis, en Seine-et-Marne, (+400 places grâce notamment à la construction d'un bâtiment neuf) ou encore le lycée Camille Claudel à Mantes-la-Ville (+300 places), également dans les Yvelines.

Si la Région accueille pour cette rentrée davantage d'élèves dans des bâtiments plus adaptés, elle a aussi travaillé, en sus de l'adaptation au dérèglement climatique, sur la baisse de la consommation énergétique de ses établissements du secondaire. Celle-ci aurait ainsi baissé de 20 % dans les dix dernières années, grâce notamment aux divers raccordements aux réseaux de chaleur, ce qui représente 260 gigawattheures d'économies. Soit l'équivalent de la consommation énergétique annuelle d'une ville de 50.000 habitants comme Sartrouville (78).

Raccorder les lycées aux réseaux de chaleur et de froid

Le futur lycée de Villeparisis (77), actuellement en construction, livrable à la rentrée 2027 (pour un budget de 60 millions d'euros) et qui accueillera 1.000 élèves, sera ainsi alimenté en froid et en chaleur via la géothermie. La Région prévoit ainsi de raccorder 75 % des lycées à un réseau de chaleur urbain d'ici à 2030, ce qui entraînera une baisse supplémentaire de 10 % des consommations énergétiques des établissements qui seront connectés aux installations souterraines.

Interrogée par Batiactu sur le mégaprojet de parc d'attractions Dragon Ball, qui devrait voir le jour à Courdimanche dans le département du Val-d'Oise, Valérie Pécresse, qui a déjà fait part de son enthousiasme quant à cet investissement massif dès le 24 août dernier, a réitéré le fort intérêt que représentait cette opération pour la Région Île-de-France.

Le tourisme, une filière industrielle comme une autre

"Nous cherchons depuis 35 ans à ressusciter le parc Mirapolis, à l'abandon depuis autant d'années, avec un projet porteur d'espoir", a affirmé l'élue. Mais la Région sera vigilante en inscrivant ce projet dans le Zan (zéro artificialisation nette) qui s'applique à toute la région francilienne, avec une compensation intégrale qui s'inscrira dans la nécessité de protéger les terres agricoles.

"Nous avons un terrain en friche de 450 hectares à urbaniser et nous souhaitons faire vivre l'Île-de-France en évitant le surtourisme dans Paris. Le tourisme est une filière industrielle comme une autre, et il est absurde de l'opposer à des projets de réindustrialisation du territoire francilien."

Si Valérie Pécresse se réjouit que les investisseurs aient choisi la capitale et sa région plutôt que l'Espagne ou l'Angleterre, elle a aussi précisé que 18.000 hectares sont aujourd'hui réservés en Île-de-France à des projets de réindustrialisation. Ils sont notamment destinés aux centres de données.

"Nous avons, avec d'autres villes, signé la charte sur les data centers qui est portée par la maire de Phoenix (Kate Gallego, élue démocrate à la tête de la capitale de l'Arizona, NDLR) et qui vise à limiter les effets de ces projets, car nous voulons notamment des installations sobres en consommation de terres", a tenu à préciser la présidente de région. Actuellement, 40 % des centres de données en France sont implantés en Île-de-France.


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