"Il faut intégrer la ventilation et la surventilation aux réflexions sur la rénovation", VTI

Par   Corentin PATRIGEON

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Publié le 8 octobre 2026
© Corentin Patrigeon pour XPair
Marc Menard, responsable national des ventes chez VTI, sur le stand de l'industriel lors d'Interclima.
STRATÉGIE. Le fabricant français, historiquement spécialisé dans les solutions de ventilation pour les bâtiments d'habitation collectifs, exposait sur Interclima de nouveaux produits. Son responsable national des ventes, Marc Menard, souhaite une meilleure synergie entre les enjeux de rénovation et de qualité de l'air.

XPair : Pourquoi avoir exposé sur Interclima ? Et quel bilan tirez-vous à l'issue du salon ?

Marc Menard : VTI était présent pour se faire connaître auprès du plus grand nombre. Nous sommes déjà identifiés comme le spécialiste de la ventilation en basse pression, mais aujourd'hui nous devenons aussi acteur de la ventilation dans le bâtiment collectif au sens large et nous proposons à ce titre des solutions de basse et haute pression.

Les chiffres du 1er semestre 2026 présentés par Uniclima montrent que la ventilation ne décolle pas et qu'elle reste le parent pauvre du génie climatique. Elle semble encore trop perçue comme une contrainte réglementaire, sans réelle prise de conscience derrière. Comment voyez-vous les choses ?

M. M : La réglementation évolue au fil du temps. Aujourd'hui, les enjeux du bâtiment sont surtout liés à la thermique. Néanmoins, je pense qu'il y a quand même une prise de conscience depuis une vingtaine d'années sur les enjeux de la qualité de l'air intérieur, sur la nécessité de ventiler les logements. Dès lors qu'il y a une réhabilitation thermique, le besoin de ventiler est pris en compte.

"A fortiori depuis le Covid, les études sanitaires ont permis de démontrer que l'air intérieur est 5 à 7 fois plus pollué que l'air extérieur, d'où le besoin de ventiler avec des solutions mécaniques."

Depuis 40 ans, nous proposons précisément des solutions à chaque problématique, que ce soit en basse pression ou en VMC. Il est sûr que les sujets de QAI ont du mal à percer par rapport aux sujets de thermique, mais nous n'observons pas chez VTI les mauvais chiffres que certains acteurs annoncent. Notre force est d'être à la fois concepteur, développeur et fabricant de nos propres solutions. Le fait d'être perçu comme un véritable technicien nous permet de continuer à prendre des parts de marchés.

Est-ce que vous installez aussi ?

M. M. : Nous n'installons pas, mais nous travaillons avec des réseaux d'installateurs spécialisés. Aujourd'hui, nous adressons le marché de la rénovation, qui impacte le moins notre activité par rapport aux volumes de ventilations posées. Chez les gros industriels, l'impact se fait beaucoup plus sur le marché du neuf, qui a subi une diminution considérable des constructions et empêché leur activité de rebondir.

Est-ce que le tertiaire porte aussi votre activité ?

M. M. : Notre métier, c'est la rénovation du bâtiment collectif d'habitation. Aujourd'hui, nous n'avons pas de solution proprement dite pour le tertiaire, hormis des VMC traditionnelles, simple flux, qu'on peut adapter sur des bâtiments tertiaires mais qui n'ont pas la spécificité des systèmes double flux, avec par exemple une fonction de récupération d'air.

Uniclima a aussi appelé à une forme de programmation pluriannuelle de la rénovation, en expliquant que les industriels ont besoin d'une visibilité à 5 ans. Considérez-vous vous aussi qu'il faudrait que la réglementation se fige pendant plusieurs années pour vous laisser le champ libre en termes d'activité ?

M. M. : Ce serait beaucoup plus simple pour nous ! En agissant ainsi, il y aurait déjà une garantie de stabilité. On l'a vu lorsque le budget 2026 a été bloqué en fin d'année dernière et que tous les dossiers MaPrimeRénov' ont eux aussi été bloqués, décalant de fait les démarrages de nombreux chantiers.

Sur le marché des bailleurs sociaux, les choses sont différentes car les enjeux de rénovation y sont continus, réguliers, même si les subventions y ont été également été réduites, ou très vite liquidées. Certaines régions ont ralenti leurs projets de rénovation parce que les fonds ne sont pas suffisants. Mais globalement, si on avait un dispositif MaPrimeRénov' figé sur 5 ans, on aurait une perspective d'activité, et la possibilité que tous les dossiers soient instruits.

Actuellement, l'instruction des demandes d'aide entraîne une inertie qui complique le démarrage des chantiers, les travaux étant clairement tributaires des subventions. Cela dit, le fait de geler MPR sur 5 ans risque aussi de décaler la capacité de projection et de décision des copropriétés à réaliser les chantiers de suite, car la subvention permet de générer du business.

"L'évolution de la réglementation thermique vient plus ou moins pénaliser les enjeux de la ventilation et de la qualité de l'air intérieur."

En attendant, notre but est de proposer une gamme de produits diversifiés, adaptés à la rénovation et capables de répondre à des problématiques d'extraction, de consommation, de régulation et de performance. En tant qu'industriel, nous essayons d'aller toujours de l'avant du point de vue technologique.

Par exemple avec nos derniers extracteurs VMC, sur lesquels nous apportons des innovations, malgré le fait que nous arrivons sur un marché déjà mature. Ces améliorations se retrouvent sur la régulation ou la praticité du produit, avec des facilités de montage ou remontage par l'installateur, des pédales adaptables en fonction des différentes configurations, des pieds ajustables, etc.

Alors que l'électrification et la pompe à chaleur s'imposent côté énergie, parce qu'il y a des enjeux industriels derrière, il y a une stabilité côté ventilation puisque les textes évoluent peu. Ce qui évolue, c'est la réglementation thermique, qui vient plus ou moins pénaliser les enjeux de la ventilation et de la qualité de l'air intérieur. Depuis 2011, les professionnels du bâtiment livrent bataille pour savoir s'ils doivent privilégier la QAI ou la thermique. Aujourd'hui, je peux vous dire qu'on privilégie la thermique au détriment de la QAI.

Or il faut réguler la ventilation, travailler sur les flux et les volumes d'air. Intégrer les notions de ventilation et de surventilation aux réflexions sur la rénovation, l'électrification et l'adaptation du parc au changement climatique pourrait s'avérer intéressant. Il y a donc encore du travail, et par conséquent de belles années pour la ventilation. Et ces perspectives ne sont pas uniquement liées à un marché porteur, celui de la rénovation : elles sont également liées au fait de pouvoir adresser un marché de plus en plus large.


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