Fluides frigorigènes : ce que préconise ce rapport pour réduire les émissions de PFAS
Une nouvelle piste pour réduire les émissions de PFAS (composés per- et polyfluoroalkylés) issues des fluides frigorigènes fluorés ? Dans son dernier rapport exécutif, le Partenariat européen pour l'énergie et l'environnement (EPEE, qui rassemble des fabricants et organisations professionnelles du génie climatique) s'est posée cette question en se basant sur une évaluation socio-économique indépendante réalisée par le cabinet de conseil Environmental Resources Management (ERM).
Pour rappel, les fluides utilisés dans les pompes à chaleur, les systèmes de climatisation et autres solutions de refroidissement peuvent générer ces substances considérées comme nocives pour la santé et l'environnement.
Après avoir examiné trois scénarios censés restreindre les émissions de PFAS de manière réaliste et sans pour autant générer de coûts supplémentaires, le rapport en arrive à la conclusion que "l'option la plus rentable n'est pas d'imposer des restrictions plus strictes à tout prix, mais de s'appuyer sur la réglementation européenne existante relative aux gaz fluorés, tout en intensifiant les efforts pour réduire les fuites et prolonger la durée de vie des fluides frigorigènes grâce à leur récupération, leur recyclage et leur régénération".
"Aucun fluide frigorigène alternatif universel"
En suivant cette voie, la filière CVC pourrait espérer baisser les émissions de 39 % tout en cantonnant l'impact économique à 4,6 milliards d'euros entre 2030 et 2050. D'autres options, considérées comme "plus restrictives", pourraient alourdir la facture au-delà des 35 milliards d'euros, sans pour autant garantir une meilleure protection de l'environnement et de la santé humaine.
"L'Europe n'a pas à choisir entre réduire ses émissions et protéger son économie", tranche le directeur général de l'EPEE, Russell Patten. Selon lui, "cette étude montre que notre industrie peut gérer et réduire les émissions de fluides frigorigènes, atteindre les objectifs environnementaux tout en préservant les emplois, la compétitivité et les technologies essentielles de chauffage et de refroidissement".
Au passage, le document souligne qu'il n'existe pour l'heure "aucun fluide frigorigène alternatif universel convenant à toutes les applications de réfrigération, de climatisation et de pompes à chaleur", les autres solutions rencontrant la plupart du temps des limites en termes de sécurité, d'inflammabilité, de toxicité, de pression ou de performance. Ses auteurs invitent donc le législateur européen à faire en sorte que l'objectif de baisse des PFAS provenant de fluides frigorigènes demeure "techniquement réalisable, proportionné et cohérent" avec le règlement F-Gas.
Lire aussi
-
Le Parlement européen invite à épargner les fluides frigorigènes des restrictions sur les PFAS
-
Les fluides frigorigènes illicites, l’essor discret d’un trafic mondial
-
Les fluides frigorigènes dans l'attente d'une décision de Bruxelles sur les PFAS
-
Fluides frigorigènes : attention aux nouvelles attestations d'aptitude invalides
