MÉTIERS. Le BTP CFA d’Ermont ouvre un CAP Installateur en froid et conditionnement d’air, une formation créée pour répondre à la demande croissante des entreprises du génie climatique et du froid. XPair a rencontré Emmanuel Mahiette, directeur de l’établissement, et Atmane Mohammadi, formateur en génie climatique.
Le BTP CFA (Centre de formation des apprentis du bâtiment et des travaux publics) d’Ermont, dans le Val-d'Oise, ouvre un CAP Installateur en froid et conditionnement d’air. Une formation créée pour répondre à la demande croissante des entreprises du génie climatique et du froid. XPair a rencontré Emmanuel Mahiette, directeur de l’établissement, et Atmane Mohammadi, formateur en génie climatique.
XPair : Pourquoi avoir lancé ce nouveau CAP Frigoriste à Ermont ?
Emmanuel Mahiette : Le BTP CFA Île-de-France regroupe sept centres spécialisés dans les métiers du bâtiment et des travaux publics. À Ermont, nous formons notamment aux métiers du fluide : génie climatique, installation sanitaire ou thermique. L’ouverture d’une formation se fait toujours en lien avec les besoins du territoire.
"Les besoins de refroidissement augmentent, ce qui renforce la demande de techniciens qualifiés."
- Atmane Mohammadi, formateur en génie climatique
Nous travaillons étroitement avec les entreprises et les organisations professionnelles de la filière. Dans le Val-d’Oise, ces échanges ont fait apparaître un manque d’offre en apprentissage dans le domaine du froid.

Emmanuel Mahiette, directeur du BTP CFA d'Ermont. © Yousra Gouja pour XPair
Comment s’organise cette formation ?
E. M. : Comme toutes nos formations, elle est proposée uniquement en apprentissage. Nous avons deux formats : un CAP classique en deux ans pour les jeunes en formation initiale et un CAP en un an pour les personnes en reconversion professionnelle. Aujourd’hui, la section classique accueille quinze apprentis et la formation de reconversion, douze. On observe un réel intérêt pour ces métiers, avec des effectifs complets dès l’ouverture.
Quels profils d’apprentis retrouvez-vous dans cette formation ?
Atmane Mohammadi : Dans le CAP Froid, nous avons souvent des élèves plus mûrs, notamment dans la classe de reconversion. Beaucoup viennent de métiers techniques, par exemple de l’électricité. Ils savent généralement pourquoi ils ont choisi cette spécialité. Les besoins de refroidissement augmentent, ce qui renforce la demande de techniciens qualifiés.
Que découvrent concrètement les apprentis pendant leur formation ?
A. M. : Ils travaillent sur une plateforme multi-énergies qui permet d’aborder différents systèmes, notamment les installations frigorifiques et la production d’eau glacée. Ils apprennent à identifier les composants d’un circuit frigorifique, comme les compresseurs ou les condenseurs, et à comprendre le fonctionnement des groupes de condensation. La formation comprend aussi une partie importante consacrée aux fluides frigorigènes.
"Les filles représentent aujourd'hui environ 2 % des effectifs du CFA."
- Emmanuel Mahiette, directeur du BTP CFA d'Ermont
Les apprentis suivent un module de sensibilisation d’environ sept à dix heures pour comprendre les réglementations et les précautions à prendre. Nous aimerions cependant disposer d’une plus grande diversité de machines afin que les élèves puissent se former sur différents types d’installations, plus représentatifs de la réalité du terrain. L’espace de travail étant aussi un peu limité, nous cherchons à améliorer l’atelier.

La machine servant à reproduire la chambre froide avec son groupe de condensation. © Yousra Gouja pour XPair
La création de cette formation a-t-elle nécessité des investissements particuliers ?
E. M. : Oui, l’ouverture d’une formation demande toujours du temps et des moyens. Il nous a fallu environ deux ans pour la mettre en place. Nous avons dû adapter les ateliers et acquérir de nouveaux équipements pour permettre aux apprentis de travailler dans de bonnes conditions. Ces investissements ont été soutenus par Constructys (l'opérateur de compétences du secteur de la construction, NDLR) et par la Région Île-de-France.
La question de la mixité se pose-t-elle dans ces métiers ?
E. M. : Oui, même si la situation évolue lentement. Aujourd’hui, les filles représentent environ 2 % des effectifs du CFA. Dans certaines spécialités techniques du bâtiment, comme le froid ou la couverture, elles restent encore très peu nombreuses. Nous travaillons avec les acteurs de la filière pour mieux faire connaître ces métiers et encourager davantage de jeunes femmes à s’y intéresser.