DPE : qui gagne le match de la consommation d'énergie entre RE2020 et bâti ancien ?

Par   Corentin PATRIGEON

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Publié le 15 janvier 2026
© iStock/Gilles_Paire
Des maisons individuelles dans un quartier résidentiel.
EN CHIFFRES. Le bureau d'études AET Loriot a comparé les performances énergétiques de deux maisons individuelles de 100 m² utilisant l'électricité comme énergie principale : l'une neuve, classée A au DPE, et l'autre ancienne, étiquetée D.

Quelle est la consommation d'énergie d'une maison individuelle ? C'est pour répondre à cette question que le salon Domexpo, spécialisé dans l'exposition permanente de pavillons en Île-de-France, a demandé au bureau d'études AET Loriot de comparer les performances énergétiques de deux maisons individuelles de 100 m² utilisant l'électricité comme énergie principale.

Alors que la facture énergétique représente toujours un poste de dépenses important pour les ménages, et que les constructeurs sont régulièrement questionnés par des particuliers sur son montant, l'analyse menée permet de mettre en exergue les différences entre une construction neuve classée A au diagnostic de performance énergétique (DPE) et un logement existant étiqueté D.

Une consommation d'énergie primaire "quatre fois plus" élevée pour la maison ancienne

Et sans réelle surprise, les écarts constatés s'avèrent importants. "La maison neuve de l'étude, avec son DPE A, consomme 50 kilowattheures d'énergie primaire par mètre carré et par an, contre 220 kWhEP/m²/an pour la maison ancienne dont le DPE est de niveau D, soit plus de quatre fois plus", indique le baromètre publié pour l'occasion.

En termes d'énergie finale, la maison neuve atteint 2.380 kWh contre 10.476 kWh pour la maison ancienne. Ce qui a évidemment des répercussions sur les factures d'énergie.

"Avec un usage standard, la facture d'énergie annuelle est de 697 € dans la maison neuve, contre 2.324 € dans la maison ancienne, soit une économie immédiate de 1.627 € par an", peut-on lire. "Pour un ménage énergivore, la différence est encore plus marquée : 860 € pour la maison neuve contre 3.041 € pour la maison ancienne, soit 2.180 € d'économies par an."

Jusqu'à 90.000 € d'économies cumulées sur 25 ans pour un ménage énergivore

L'étude d'AET Loriot s'est aussi projetée sur le long terme, en estimant les économies cumulées sur 25 ans avec l'hypothèse, jugée "réaliste", d'une hausse de 4 % par an du prix de l'électricité. "Pour un usage standard dans la maison neuve, les économies atteignent 67.032 €, tandis que pour un ménage énergivore, elles s'élèvent à 90.020 €", avance le baromètre.

Pour Domexpo, ces enseignements confirment dans tous les cas que la performance énergétique d'un logement a non seulement un impact technique mais a également des répercussions économiques, l'amélioration du confort contribuant à préserver le pouvoir de vivre des ménages.

"Cette étude démontre qu'investir dans une maison neuve performante est un gain concret pour les familles", abonde son président, Fabien Cuminal. "Elle permet de se protéger durablement contre la hausse des prix de l'énergie tout en améliorant le confort de vie au quotidien."

Nouvelles interdictions de location en 2028 et 2034

Actuellement, acquérir un logement, et a fortiori une maison individuelle fraîchement sortie de terre, n'est toutefois pas à la portée de toutes les bourses. Après trois années de chute, le marché de l'immobilier ancien a certes retrouvé le chemin de la croissance en 2025.

La Fédération nationale de l'immobilier (Fnaim) fait état de 940.000 ventes de logements anciens l'année dernière, soit une augmentation de 11 % sur un an, quand le niveau des prix a seulement progressé de 0,8 % dans le même temps. L'attentisme qui s'est installé dans le bâtiment semble néanmoins avoir refroidi cette dynamique positive au cours des derniers mois.

"Le redémarrage est là, mais il demeure fragile et bridé par l'immobilisme politique. Le logement a besoin d'un véritable choc de confiance. Sans stabilité et sans vision d'ensemble, les signaux positifs observés ne suffiront pas à enrayer la crise structurelle que traverse le pays", prévient Loïc Cantin, le président de la Fnaim, et d'appeler à une "stabilité fiscale et réglementaire". Déjà entrée en vigueur au 1er janvier 2025 pour les passoires thermiques (logements classés G au DPE), l'interdiction de location doit s'étendre aux logements classés F en 2028, puis E en 2034.


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