Pompes à chaleur : voici les grandes tendances à suivre de près en 2026

Par   Pascal POGGI

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Publié le 17 février 2026
© Pascal Poggi pour XPair
Du recul de la détente directe à la multiplication des Pac air/eau – surtout au R290 – en passant par les offres de services, plusieurs tendances majeures se sont illustrées lors de l'édition 2026 d'EnerJ-Meeting.
EN IMAGES. Du recul de la détente directe à la multiplication des Pac air/eau – surtout au R290 – en passant par les offres de services, plusieurs tendances majeures se sont illustrées lors de l'édition 2026 d'EnerJ-Meeting. Reportage dans les allées du salon.

EnerJ-Meeting, la Journée de l'efficacité énergétique et environnementale du bâtiment organisée par Batiactu Groupe (propriétaire d'XPair), a rassemblé plus de 4.000 professionnels le 10 février 2026 au Carrousel du Louvre, à Paris. L'évènement propose un grand nombre de conférences, mais aussi plusieurs halls où des industriels exposent leurs solutions sur de petits stands.

En ce qui concerne le chauffage, c’est simple : De Dietrich était le seul à parler de chaudières, mais seulement dans le cas de chaufferies hybrides qui associent chaudières et pompes à chaleur air/eau. Le fabricant mettait aussi en avant son offre de services "De Dietrich Solutions", une assistance qui commence à la conception de l’installation et s’étend jusqu’à la prise en charge de sa maintenance avec l’offre Serv’élite.

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En 2024, sur le site logistique du groupe Argan à Cestas (Gironde), la vieille chaufferie gaz a été remplacée par un système hybride associant six Pac air/eau monobloc MMTC de 40 kilowatts de puissance unitaire, fonctionnant au R32, et cinq chaudières gaz AMC Pro de 160 kW chacune.

La régulation hybride est capable de moduler la puissance de la chaufferie de 32 à 800 kW. Plusieurs consignes de basculement des Pac vers les chaudières ou de soutien des Pac par les chaudières sont disponibles : dès que le Cop (coefficient de performance) des Pac descend en dessous de 2,3 ou bien lorsque le prix de l’électricité, compte tenu du rendement des appareils, devient supérieur au prix du gaz naturel.

Les progrès de l’eau glacée

Dès l’entrée d'EnerJ-Meeting 2026 se trouvait le stand de Daikin, grand défenseur des solutions à détente directe, depuis le monosplit jusqu’aux plus grands DRV (débits de réfrigérant variable). Mais, surprise, Daikin mettait en avant ses solutions air/eau de diverses puissances, en logement comme en tertiaire. Il faut dire que l'industriel commercialise une gamme étendue d’émetteurs réversibles pour aller avec ses pompes à chaleur air/eau, dont deux conçus spécialement pour le logement : un plancher chauffant-rafraîchissant, et les ventilo-convecteurs Altherma.

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Sur le salon, Daikin mettait en avant sa récente pompe à chaleur air/eau au R290 pour le chauffage et la production d’eau chaude, avec une température de départ d’eau maximale de 75 °C. La marque japonaise présentait également ses groupes de production d’eau glacée de grande puissance pour la climatisation de bureaux neufs : Ewas… TZXRB1 – cinq modèles de 180,4 kW à 313,2 kW de puissance froid – et EWAD… TZXRB2 – 13 modèles de 360,3 à 1.045 kW de puissance froid. Ces groupes de production d’eau glacée sont passés du R134a au HFO R-1234ze pour respecter le règlement F-Gaz.

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Le R290 est partout

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De son côté, SDEEC Industries conçoit des machines thermodynamiques à la demande et les fabrique dans une usine de 13.000 m² à Montpellier. En juin 2021, avec le soutien minoritaire du fond parisien Apicap, SDEEC a été acheté par Océinde, un groupe industriel français familial, originaire de La Réunion et qui a rebaptisé l’entreprise SDEEC Industries.

Depuis 35 ans, SDEEC Industries conçoit et fabrique sur mesures des pompes à chaleur et des climatiseurs de 7 à 600 kW, destinées au tertiaire, au collectif, à la maison individuelle, à l’armée, à l’industrie, pour le chauffage, la production d’ECS, le rafraîchissement, les processus industriels, etc.

L’entreprise présentait à EnerJ-Meeting sa gamme de Pac réversibles air/eau et eau/eau de 50 à 600 kW de puissance nominale, cascadable jusqu’à plusieurs mégawatts. Ces Pac utilisent divers fluides : le R290, le R32 ou le R454C, et atteignent une température de départ d’eau de 80 °C.

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L’espagnol ÉcoForest exposait pour sa part ses Pac air/eau et géothermiques, dont sa nouvelle gamme air/eau ÉcoAir+ Pro – cinq modèles de 7 à 24 kW - qui utilise le R290 et peut être associée à un gestionnaire d’énergie pour l’hybridation avec une production photovoltaïque sur site.

Sa gamme ÉcoGéo+ Lite de 1 à 6 kW utilise également le R290, ainsi que la gamme géothermique à inverter ÉcoGéo+ Pro : trois modèles de 6, 10 et 16 kW, cascadables par trois. La gamme géothermique ÉcoGéo+ HP se compose de trois modèles de 45, 60 et 85 kW, cascadables par six pour atteindre 510 kW : de quoi remplacer les chaudières d’une chaufferie en logement collectif.

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Même AO Smith, connu de longue date pour ses préparateurs d’eau chaude à gaz à accumulation, est venu à EnerJ-Meeting pour promouvoir l’Elevator Air Altus, une Pac air/eau au R290 de 122 kW, cascadable par 10 jusqu’à 1.120 kW, avec seulement 2 m d’espace libre autour des appareils.

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D’autres marques présentaient des Pac au R290. Maxa, l’industriel de Vérone, en Italie, présentait ses groupes réversibles HWA2 cascadables, dont les puissances unitaires varient de 61,5 à 134 kW en froid et de 61 à 147,2 kW en chauffage, ainsi que sa gamme de Pac air/eau réversible i-290 de 14 modèles de 6 à 50 kW en chauffage, avec une température de départ d’eau de 78 °C.

Vaillant, Saunier Duval et Atlantic montraient leurs appareils déjà vus à Artibat, à Rennes, en octobre 2025, tandis que Carrier évoquait sa nouvelle Pac Aquasnap 61AQ au R290 de 40 à 560 kW, cascadable par quatre, avec une température de départ de 75 °C.

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Viessmann mettait en avant sa Pac air/eau monobloc extérieure Vitocal 250-A Pro : 39,5 kW de puissance de chauffage nominale, 3,3 kg de R290, cascadable par deux jusqu’à 70 kW et avec une température de départ d’eau maximale de 70 °C.

Lorsqu’on considère les nouveaux modèles de pompes à chaleur au R290 présentés à EnerJ-Meeting, il est clair que les puissances unitaires et les puissances cascadables augmentent. La plupart de ces appareils sont réversibles et atteignent des températures de départ d’eau élevées, supérieures à 70 °C. Ce qui les rend tout à fait acceptables pour l’équipement d’immeubles collectifs ou d’hôtels, qui ont de grands besoins d’eau chaude sanitaire, et d’immeubles de bureaux, qui utilisent chauffage et rafraîchissement.

Du coup, derrière ces Pac, se trouvent une distribution d’eau chaude pour le chauffage et d’eau glacée pour le rafraîchissement, avec des ventilo-convecteurs deux tubes à change-over ou quatre tubes.

Un petit nombre de systèmes différents

À côté des pompes à chaleur air/eau et eau/eau classiques figuraient quelques offres différentes. La première est la Pac H-Pack de Midea : une pompe à chaleur murale, intérieure, air/eau, avec deux gaines de Ø 250 mm pour la prise et le rejet d’air.

Sa puissance nominale n’est que de 5 kW (A7/W35) avec un Cop de 4,6 et un Etas (efficacité énergétique saisonnière, A7/W35) de 177 %. Elle est chargée de 570 g de R290 et devrait être commercialisée en France avant l’été en visant deux marchés différents : le chauffage individuel à eau chaude en collectif neuf, et le remplacement des chaudières B1 en collectif existant.

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Un autre modèle différent est la Pac ERS Biofluides. C’est une unité eau/eau pour la production d’ECS par récupération de chaleur sur les eaux grises. Deux gammes sont proposées : l’ERS Modulaire de 16 à 105 kW pour une production d’ECS jusqu’à 30 m3/j à 55 °C, ou bien l’ERS Compacte de 6 ou 13 kW pour une production d’ECS jusqu’à 6 m3/j à 55 °C, avec un encombrement de 6 à 13 m².

Le système se compose d’un réservoir tampon traversé par les eaux grises, dans lequel est noyé un échangeur raccordé à la pompe à chaleur. Les eaux grises entrent dans le réservoir à 29 °C et en sortent à 7 °C en moyenne pour continuer vers le réseau d’eaux usées. La Pac utilise le R454C, avec un circuit fermé en eau côté évaporateur.

Arkeon Energy Systems présentait en outre sa solution hybride – air/eau et stockage de chaleur – pour le chauffage collectif décarboné des bâtiments de 2.000 à 30.000 m², avec une puissance de 70 kW à 1,5 MW. Une Pac air/eau haute température au R290 chauffe une "nappe phréatique artificielle" brevetée. C’est une bâche dont la surface atteint 0,5 % de la surface à chauffer. Elle se pose dans les espaces inutilisés, par exemple à la cave.

Le troisième élément est le module hydraulique compact Arkeon qui assure le lien entre la Pac, le stockage d’eau chaude et le circuit de chauffage du bâtiment. Selon les besoins du bâtiment et l’état du stockage de chaleur, le module hydraulique puise directement dans le stockage si sa température suffit, puise dans le stockage et sollicite la pompe à chaleur pour remonter la température de départ dans le circuit de chauffage, ou bien sollicite exclusivement la Pac air/eau.

Arkeon Energy Systems estime que sa solution divise par deux les frais de chauffage par rapport à une chaufferie gaz, qu'elle entraîne un gain d’au moins deux classes de DPE (diagnostic de performance énergétique) en logements collectifs et divise par 9 les émissions de gaz à effet de serre.

Un autre enseignement est clair : le mot hybride recouvre bien des notions différentes. De Dietrich l’utilise pour ses chaufferies hybrides associant Pac et chaudières gaz. Maxa parle de Pac hybrides parce qu’elles sont raccordables à une installation photovoltaïque sur site. Enfin, Arkeon Energy Systems associe Pac air/eau et stockage de chaleur dans sa solution hybride.


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