Désenfumage : le pari de Bluetek pour garantir lumière naturelle et confort thermique

Par   Corentin PATRIGEON

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Publié le 17 avril 2026
© Corentin Patrigeon pour XPair
De gauche à droite : Romain Bechu, responsable marketing opérationnel et développement commercial, et Daniele Mariotti, ingénieur recherche et innovation chez Bluetek.
STRATÉGIE. Le nouveau remplissage du spécialiste du désenfumage naturel et de l'éclairement zénithal cherche à concilier esthétique, lumière naturelle, confort thermique et acoustique. Destiné au tertiaire et à l'industrie, il doit apporter une réponse compatible RE2020 face à des étés de plus en plus chauds.

Et si un lanterneau répondait simultanément aux enjeux de confort d'été et de performance énergétique ? C'est le pari pris par Bluetek, la société du Groupe Adexsi spécialisée dans le désenfumage naturel et de l'éclairement zénithal, qui souffle cette année sa 10e bougie et compte 400 salariés répartis entre quatre usines dans l'Hexagone et contribuant à un chiffre d'affaires de 110 millions d'euros.

Tournée vers les secteurs tertiaire et industriel, son activité se concentre à 60 % dans le neuf et à 40 % dans la rénovation. Aux côtés de Souchier-Boullet pour la gestion intelligente du bâtiment, et de Tellier Brise-Soleil pour les protections solaires, Bluetek a développé une offre dédiée à la promotion des énergies naturelles dans le bâtiment, baptisée Genatis.

Elle franchit en ce printemps 2026 une nouvelle étape avec le lancement de l'Optilux, un remplissage de 21 mm d'épaisseur à contrôle solaire disposant d'un mode hiver et d'un mode été, qui cherche à concilier esthétique, lumière naturelle, confort thermique et confort acoustique. Le produit s'adresse aux lanterneaux et DENFC (Dispositifs d'évacuation naturelle de fumée et de chaleur).

Confort d'été en tertiaire et dans l'industrie

Destinée aux bâtiments industriels, aux immeubles de bureaux ou encore aux établissements scolaires, la solution repose sur la technologie thermosensible : concrètement, les matériaux de l'Optilux adaptent naturellement sa transmission lumineuse et son facteur solaire en fonction de la température extérieure.

Quand le thermomètre affiche moins de 23 °C, le remplissage est incolore et fait rentrer jusqu'à 55 % de lumière naturelle supplémentaire par rapport à son état opalescent (à droite). Dans ce dernier cas, donc au-delà de 23 °C, il peut faire baisser jusqu'à 45 % l'entrée de chaleur en comparaison à son état transparent (à gauche). © Corentin Patrigeon pour XPair

De quoi répondre à la problématique de plus en plus prégnante du confort d'été, et de fait aux enjeux réglementaires. "Deux des piliers de la RE2020 sont l'autonomie lumineuse et le confort d'été, mais il est souvent difficile de choisir les deux. Partant du constat que les étés vont être de plus en plus chauds, et que des solutions existent mais ne relèvent pas le défi de la saisonnalité, l'Optilux réduit le bruit et résiste à la grêle, en plus d'être autonome, passif, sans branchement ni pilotage", détaille Romain Bechu, responsable marketing opérationnel et développement commercial chez Bluetek.

Selon lui, le nouveau remplissage "améliore le bilan énergétique annuel et permet de passer certains indicateurs RE2020 en conception (Bbio, Cep, Cep,nr et DH)". La solution peut s'adapter à tous les climats mais ne fait pas encore l'objet d'une FDES (fiche de déclaration environnementale et sanitaire), bien qu'un configurateur soit proposé par le fabricant. Ce dernier est néanmoins persuadé que son produit a une place toute trouvée sur le marché.

À la recherche du bon ratio de sélectivité

Ses équipes rappellent d'abord que l'indicateur du ratio de sélectivité divise la transmission lumineuse, c'est-à-dire la capacité d'un vitrage à laisser passer la lumière, par le facteur solaire, autrement dit la quantité d'énergie que va laisser passer le vitrage.

"Existent sur le marché des solutions sans traitement optique particulier, type double vitrage classique, avec un ratio de sélectivité de 1, et des solutions avec couches optiques sélectives, type double vitrage à faible émissivité avec un ratio allant jusqu'à 2,3. Ces solutions répondent à la problématique d'avoir un maximum de transmission lumineuse pour un facteur solaire le plus bas possible, mais cela est sans compter l'évolution du rayonnement en fonction des saisons en ciel clair", décrypte Daniele Mariotti, ingénieur recherche et innovation chez Bluetek.

Selon Romain Bechu, le nouveau remplissage "améliore le bilan énergétique annuel et permet de passer certains indicateurs RE2020 en conception (Bbio, Cep, Cep,nr et DH)". © Corentin Patrigeon pour XPair

"La conséquence, c'est qu'en hiver les besoins vont consister à laisser entrer un maximum de chaleur alors que c'est tout l'inverse en été, où l'on va vouloir laisser entrer le moins de chaleur possible. Et avec plus de 10.000 changements de teinte, on est à plus de 20 ans de durée de vie", avance Daniele Mariotti.

Obtention d'un CEE

"C'est un produit idéal pour la construction neuve mais aussi pour la rénovation, car on voit déjà de l'inconfort d'été apparaître dans des bâtiments pas si anciens que cela", abonde Romain Bechu. À noter : ayant été codéveloppé avec un fournisseur européen, l'Optilux n'est pas breveté mais est une exclusivité Bluetek.

Le remplissage s'installe pour l'heure sur tous les lanterneaux et systèmes de désenfumage du fabricant, mais devrait être disponible sur les voûtes et d'autres types d'appareils à partir de cet été. Bluetek a obtenu pour son innovation un Certificat d'économies d'énergie, un CEE, pour les bâtiments industriels et tertiaires en France métropolitaine.

"Il atteste que le remplissage Optilux permet de réduire durablement les besoins énergétiques des bâtiments concernés et peut ainsi être intégré à des démarches de performance énergétique et de décarbonation portées par les maîtres d'ouvrage et leurs partenaires", précise la société, qui espère que cette reconnaissance officielle servira de tremplin à son dernier produit.


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